cyclisme - Milan San Remo

Philippe Gilbert : «Deux podiums différents»

Philippe Gilbert en sera, dimanche, à sa onzième participation sur Milan-San Remo. Ses deux podiums lui procurent des sentiments différents.

Depuis qu’il a débuté sa carrière professionnelle en 2004, Philippe Gilbert n’a manqué aucune édition de la Primavera. Il a terminé chacune de ces classiques, avec des bonheurs différents, mais aussi avec des sentiments très contrastés.

«En 2008, nous disait-il, c’était mon premier podium dans une course cataloguée coupe du monde. C’était pour moi une grande satisfaction parce que, à l’époque, Milan-San Remo était vraiment considéré comme un monument. Aujourd’hui, il y a un plus grand nivellement des forces, c’est le fait de toutes les équipes World Tour qui sont de plus en plus complètes.»

Philippe, cette année-là, avait acquis la certitude qu’il pouvait s’imposer. Il terminera encore une autre fois à la troisième place, en 2011. Là, ce fut différent pour lui.

«Je fais deux fois troisième. La première fois, j’étais très content, la deuxième fois, très déçu, se souvient-il. Ce furent donc deux podiums avec des sentiments très différents.»

Car la victoire de Mattew Goss était aussi inattendue, alors que Philippe aurait pu s’imposer au sprint, après une finale et une descente du Poggio pleine de maîtrise.

L’homme a retenu ce genre de leçon, mais il est aussi conscient que Milan-San Remo donne souvent la parole aux sprinters, même si Cancellara a déjà eu son mot à dire dans cet exercice en 2008.

« Maintenant, pour la gagner, analyse-t-il, alors que je sais qu’il y a énormément de sprinters qui se sont imposés, il faut un peu de chance, mais cela dépend aussi des circonstances de course, du bon ou du mauvais temps, du fait de voir comment les équipiers ont aussi travaillé. Il n’y a pas de scénario type et dans le cyclisme, chaque course est différente.»

Philippe sait aussi que la Belgique attend un successeur à Andrei Tchmil, vainqueur en 1999.

«L’attente en Belgique? C’est un monument qui est suivi. Si je dois encore regarder 5 courses dans l’année quand je ne serai plus coureur, c’est celle-là que je regarderai encore», ajoute Philippe.

«Cela reste un rêve de gagner la Primavera, admet-il. C’est un peu comme un championnat du monde. J’ai attendu onze éditions avant de m’imposer. Sur Liège aussi, d’ailleurs. Et puis, je ne suis pas un coureur qui a gagné des grandes classiques en étant jeune.»

La recette, s’il y en a une, se trouve-t-elle dans la tête?

«La maîtrise du stress? Oui, reconnaît Gilbert, mais il y a plein de coureurs qui peuvent rester calmes. Quand je vois un Sagan, par exemple. Mais c’est aussi vrai qu’il y a des coureurs qui partent à la faute plus vite que d’autres. Mais garder son sang-froid peut aussi parfois jouer des tours. Parfois, il faut prendre des risques. Et, n’oublions pas qu’on a besoin de l’ équipe. Les fois où je fais les podiums, j’avais Guesdon qui m’avait placé au pied du Poggio, et la fois suivante, c’est Greipel qui m’y avait conduit.»

+ Pour nos abonnés : l'interview de Philippe Gilbert

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