Vers une augmentation de la mort subite du nourrisson?

Une spécialiste recommande la vigilance en matière de prévention de la mort subite du nourrisson. fotolia

Geneviève François, chercheuse au centre du sommeil pédiatrique des Cliniques universitaires Saint-Luc, recommande de rester vigilant en matière de prévention de la mort subite du nourrisson.

«Nous, les médecins, sommes inquiets pour la future prise en charge de certains jeunes patients», met-elle en garde alors que l’Inami propose de réduire la surveillance de nouveaux-nés durant leur sommeil avec un monitoring cardiorespiratoire, à l’occasion de la Journée internationale du sommeil du 22 mars. Geneviève François préconise de poursuivre le travail de prévention mais aussi de recherche pour mieux comprendre la mort subite du nourrisson.

On estime en Belgique que l’incidence de la mort subite du nourrisson se situe à 0,05% et que soixante enfants sont touchés chaque année. Il n’existe toutefois pas de statistiques officielles. Les enfants âgés entre deux et quatre mois sont les plus exposés au risque de mort subite. Les mécanismes proprement dits restent inconnus, la problématique étant multifactorielle. Les campagnes de prévention ont permis de réduire la mortalité infantile mais l’incidence de la mort subite du nourrisson stagne en Belgique ces dernières années.

Si certains conseils sont désormais suivis par les parents, comme le fait d’éviter de surchauffer les pièces et de coucher les bébés sur le dos, d’autres ont un faible impact, comme celui de ne pas fumer durant la grossesse. Geneviève François insiste également sur le danger de partager le lit des parents avec le nouveau-né, une pratique en progression.

La surveillance à domicile de bébés à risque durant leur sommeil avec un monitoring cardiorespiratoire est également recommandée si l’on veut éviter que l’incidence de la mort subite du nourrisson n’augmente.

L’Inami propose de ne plus rembourser le monitoring à domicile des nourrissons que pour quelques cas spécifiques. La ministre de la Santé Laurette Onkelinx dit toutefois qu’elle continuerait à s’opposer à cette proposition qui est en sa possession depuis 2012.

Parmi les bébés qui seraient privés de monitoring si la mesure devait être approuvée, figurent les sœurs et frères d’un bébé mort subitement. «Dans la mort subite du nourrisson, aucun facteur génétique n’a jamais été mis en évidence. Mais sur le plan humain, du vécu et psychologique, les parents (d’un bébé décédé) ne veulent prendre aucun risque (après une nouvelle naissance)», précise la chercheuse aux Cliniques universitaires Saint-Luc.