FOOTBALL

David Platt hante encore Franky Van de Elst

Franky Van der Elst s’en veut encore aujourd’hui d’avoir laissé David Platt filer dans son dos. imago sportfotodienst

Jusqu’où les Diables rouges seraient-ils allés dans cette Coupe du monde italienne si David Platt n’était pas passé par là, le 26 juin 1990 à Bologne?

Il ne restait que quelques secondes à jouer dans la prolongation de ce huitième de finale face à l’Angleterre. Jusque-là, la Belgique avait maîtrisé son sujet. Enzo Scifo avait touché du piquet. Michel Preud’homme affichait une assurance qui invitait à la plus grande des confiances alors que la séance des penaltys s’annonçait.

Puis vient cette 119e minute. L’arbitre danois Peter Mikkelsen sifflait une faute contestable à 40 mètres dans l’axe du but de Preud’homme.

«On s’attendait tous à un tir direct, détaille Franky Van de Elst. Trois hommes composaient notre mur. Puis, Gascoigne a choisi de jouer un petit ballon lobé au-dessus de notre défense. Platt a décroché et s’est retourné plus vite que moi. Il a filé dans mon dos. Et quand je me suis retourné, c’était trop tard, il frappait déjà le ballon en pivotant… La terre entière s’effondrait. Notre rêve italien était brisé et j’en portais une part de responsabilité. C’est vraiment le pire souvenir de ma carrière.»

Sur les écrans de télévision, l’image d’un Marc Wilmots tentant de consoler Michel Preud’homme en disait long sur la désolation du gardien belge. «Nous étions tout simplement la meilleure équipe, estime encore aujourd’hui Michel Preud’homme. Une énorme confiance nous habitait. Nous serions peut-être allés très loin sans ce but de David Platt.»

Extrait du livre « Diables d’hommes » (Editions Mardaga)