Plans d’urgence

Prévenus par SMS en cas de catastrophe

Prévenus par SMS en cas de catastrophe

Le système permet, ici sur Namur, une des communes pilotes, de délimiter une zone d’alerte très précise.

Twitter, facebook et des SMS plutôt que les antiques sirènes pour alerter la population en cas de catastrophe. Des tests sont en cours.

Le 2 janvier, lors du dernier test trimestriel du réseau des 570 sirènes placées aux alentours des entreprises industrielles à risque élevé (Seveso), 98,77% des appareils d’alerte ont correctement fonctionné. Rassurant. Mais la sécurité nationale semble imposer de faire mieux. Et les technologies actuelles permettent déjà au Centre de crise, dépendant du ministère de l’Intérieur, d’utiliser d’autres moyens, plus ciblés, pour prévenir les populations en cas de danger: le téléphone, le GSM (le SMS est déjà utilisé depuis 2010 pour les sourds et malentendants), les e-mails dans un premier temps. Les réseaux sociaux, Twitter et Facebook, par la suite.

Sur un périmètre précis

Le nouveau dispositif, baptisé BE-Alert, permet au moyen d’une cartographie très précise, de délimiter le périmètre géographique d’alerte voulu et, à l’intérieur de celui-ci, de prévenir individuellement chacun des habitants pour lesquels les autorités disposent des numéros de téléphone. 33 communes, dont 11 en Wallonie, ont été choisies pour l’opération pilote qui vient de débuter.

Ainsi à Namur, le 10 mars dernier, près de 2000 messages ont été envoyés pour un test, à l’heure de midi. De quoi déceler les pépins: 6% des numéros utilisés étaient incorrects et 3% ont rencontré des problèmes techniques chez l’appelé. «Mais cela démontre déjà l’efficacité d’un système amené à se développer», se réjouit Jaak Raes, directeur général du Centre de crise.

6 % de mauvais numéros

Outre Namur, les communes wallonnes de Marche, Tubize, Engis, Faimes, Lontzen, Jurbise, Châtelet, Bernissart et Mouscron participent à la phase test qui s’achèvera en fin d’année, début 2015, pour être étendu à l’ensemble de la population. Mais d’ores et déjà on peut dire que toute la Belgique est concernée, dans la mesure où les 11 services fédéraux auprès des gouverneurs de province sont impliqués.

La base de données publiques d’Infobel a déjà permis d’intégrer dans Be-Alert, depuis le 17 février, quelque 400 000 numéros de téléphone, fixes et mobiles pour les seules communes pilotes. Mais tous les citoyens sont invités, dès maintenant, à transmettre leurs infos personnelles (Tel, GSM, fax, e-mail) en s’inscrivant sur le site web www.be-alert.be. La meilleure manière de s’assurer que les contacts seront corrects.

Géolocaliser les personnes

Il est évident, néanmoins, que les personnes se trouvant dans le périmètre d’une alerte de crise, comme les catastrophes ferroviaires de Godinne et Wetteren, ou plus encore la tempête sur le festival Pukkelpop en 2013, ne sont pas forcément ceux qui habitent sur place! D’où l’intérêt, dans une deuxième phase du projet, de pouvoir géolocaliser les téléphones de quiconque se trouverait dans le périmètre déterminé par le Centre de crise.

Il conviendra, à ce propos, d’être particulièrement vigilant quant à l’utilisation de ces données «personnelles» sur les citoyens, et à veiller à ce qu’elles ne soient utilisées, effectivement, qu’en cas de catastrophe majeure pour les avertir d’un danger. Un projet de loi est par ailleurs prêt, disposant de l’accord de la majorité au gouvernement, précise la ministre de l’Intérieur Joëlle Milquet, pour obliger tous les opérateurs de téléphonie à envoyer, gratuitement, les SMS aux populations concernées.