Chanson

Live buzz avec Oldelaf : entre humour et humeur

Pour son deuxième album solo, Oldelaf manie toujours l’humour pour dénoncer nos travers. Caustique, mais pas seulement…

Révélé au grand public voici trois ans par La tristitude, chanson drôle et évolutive, single de son premier album solo Le monde est beau, Olivier Delafosse – alias Oldelaf – revient avec Dimanche, disque éclectique qui mélange humour, tendresse, nostalgie et bien d’autres choses encore. Un album qui (re)donne le sourire mais pas seulement. Car Oldelaf profite de son humour pour évoquer les petits travers de notre société, dans son album «le plus ambitieux, le plus musical». On est entièrement d’accord.

On dit « deuxième album », mais en fait, ce n’est pas vraiment le cas…

Non, en fait, cela doit être le dixième auquel je participe (NDLR : notamment sous le nom Oldelaf et Monsieur D.). J’ai énormément de chansons derrière moi… Par contre, celui-ci, je l’ai écrit sans me presser. J’ai essayé de bien faire les choses. C’est certainement mon album le plus ambitieux.

Pourquoi ?

Parce que c’est le premier de toute ma vie pour lequel je n’ai pas testé les chansons avant sur scène. Il n’y a eu aucune idée préconçue, sauf celle de faire un chouette disque !

Qu’est-ce qui amène l’écriture d’un texte sur tel ou tel sujet ?

J’aime bien inventer des histoires. C’est toute la force de la feuille blanche. Après, il y a des situations que je puise dans la vraie vie, qui me font rire ou pleurer et que je note…

L’album s’intitule « Dimanche », et vous donnez deux versions de ce jour de la semaine. L’une plus romantique dans « Joli dimanche » et l’autre plus nostalgique – mais aussi amusante – dans « Le dimanche après-midi »…

Les deux ne sont pas incompatibles (rires). Joli dimanche parle plutôt du lendemain d’une relation fugace du samedi soir, avec juste un petit bout du lendemain partagé. On prend sa douche, on ramasse ses affaires… Cela trahit une certaine solitude, car rien ne se construit au final. L’autre parle de ces dimanches avec les repas familiaux qui n’en finissent pas, où chacun balade ses névroses, avec plein de non-dits…

C’est du vécu ?

Non, je m’en suis guéri. En plus, j’ai la chance de ne pas avoir trop d’histoires de famille. Par contre, je trouve que le dimanche est propice à ce genre de névrose. Souvent, quand arrive le dimanche, on se rend compte que l’on n’a pas fait grand-chose depuis le dimanche d’avant.

L’album s’ouvre sur "Le bruit". Là, c’est clairement un texte humoristique, avec de nombreux calembours.

J’aime cette chanson car la musique est plutôt gaie. Et si le texte fait sourire, je pense qu’il veut aussi dire quelque chose. Le mélange résume bien ce que je suis aujourd’hui. Cette chanson fait d’ailleurs partie de mon top 3 personnel sur cet album…

Premier titre en acoustique : Le bruit (dans notre première vidéo ci-dessus).

Vous y chantez « Freddie Mercury couine et Gilbert Montagné braille… »

(sourire) J’aime bien jouer avec ce genre d’idées. Dans cette chanson, je voulais évoquer tous les petits bruits en provenance des médias : les chanteurs, les politiciens… Quoi que je ne voulais pas en mettre de trop, des politiciens, parce que je ne voulais pas qu’elle ait l’apparence d’une chanson trop engagée. Par contre, cela parle de toutes les affaires privées que l’on étale dans les journaux pour masquer les trucs importants qui se passent. Cela a un côté « du pain et des jeux »…

Le côté engagé, on le retrouve plutôt dans « Kleenex », cette chanson qui enchaîne les noms de différentes marques ?

Non… Je voulais faire une chanson sur le chemin de vie commun qu’il peut y avoir entre les gens. Mais ce n’est certainement pas un pamphlet anti-consumériste. Ce n’était pas le but. Souchon l’a très bien fait sur Putain ça penche, où il citait des marques de luxe.

La dernière chanson, « Stockholm »…

C’est une chanson que soit les gens adorent, soit ils détestent. Elle parle de quelqu’un qui n’a pas de succès auprès d’une fille et qui décide de l’enfermer pour qu’elle tombe amoureuse de lui via le syndrome de Stockhom. Il s’enferme dans une vraie schizophrénie. Je trouvais cela intéressant de parler des femmes battues en me mettant dans la peau de l’homme qui bat, mais en essayant aussi de le rendre humain, pour montrer que la vision de la folie dépend du côté où l’on se place. Lui ne le voit pas comme une folie, et c’est bien là le problème !

Deuxième titre : La belle histoire :

 


Oldelaf, « Dimanche » Roy Music. En concert au théâtre 140 le 22/05 (02 733 97 08 ou www.ticketnet.be)

Toutes nos sessions acoustiques Live buzz.

 

 

Nos dernières videos