La distillerie Radermacher à Raeren revisite ses classiques et sort, une première belge, un gin et une vodka certifiés bio.

C’est un peu l’effervescence à Raeren, ce petit village situé non loin d’Eynatten. Et ce n’est pas le carnaval qui en est la cause. Installée au cœur du village depuis 1836, la distillerie Radermacher met la dernière touche à ses deux dernières créations. Ce week-end, à la foire Horecatel de Marche, la petite PME présentera au public sa vodka et son gin certifié bio. Une première sur le marché belge où l’ organic n’est pas encore la norme.

«Il y a pourtant une demande, infime, et c’est notre volonté de répondre à celle-ci, explique Bernard Zacharias, petit-fils de Lambert Radermacher qui perpétue la tradition familiale de distiller depuis 5 générations. Nous avons une clientèle fidèle qui se reconnaît bien dans nos produits. Nous avons une histoire, une tradition. En créant ses deux produits, on voulait être différent tout en gardant notre typicité et notre style transmis par mon grand père Lambert. »

Le savoir faire vieux de près de deux siècles et une sélection rigoureuse des matières premières ont été nécessaire pour élaborer ces deux nouveaux produits qui complètent une gamme déjà étoffée d’une vingtaine de «classiques ».

« Cela fut plus d’un an que nous travaillons sur ce projet. L’idée était de se servir d’une base identique pour les deux produits. faire du bio pour dire que c’est du bio? Trop facile. Notre démarche est totalement écologique, avec gestion des déchets, d’utiliser un minimum d’énergie pour la production et out le toutim. C’est pour cela que nous avons choisi l’alcool de seigle pour notre base. Et distiller du seigle, on sait le faire, depuis 175 ans. L’objectif était évidemment d’avoir un alcool qui ne gratte pas au gosier, qui ne soit pas agressif, avec de la longueur et de l’intensité. En voulant faire du bio, on savait que l’on s’attaquait à une niche. Pour le grain, c’est de la haute qualité qui pousse dans la région et l’eau, c’est celle des Hautes Fagnes. On ne peut rêver mieux. Avec notre vodka organic, on a atteint la pureté du produit. Nous en sommes ravis. »

Ne restait plus qu’à élaborer le gin, à partir de cette base. La baie de genévrier était incontournable. «Le péket. c’est finalement un gin mais pour notre gin organic, nous voulions autre chose. Nous avons goûté, regoûté, des centaines de gin. Là encore, nous voulions nous démarquer de ce qui se fait ailleurs. Bien entendu, il fallait que ce gin corresponde à notre image en ayant une touche régionale. C’est pour cela que nous avons choisi de l’aromatiser avec du sapin. Là encore on a dû faire preuve d’imagination, de patience. On a testé un tas de pins, des jeunes pousses, des vieilles branches de la région pour enfin trouver le bon compromis avec les 10 autres plantes, racines et fruits, tous produits en bio que nous avions déjà sélectionnées. Nous voulions aussi que l’association avec du tonic soit harmonieuse. Là aussi ce fut un casse-tête pour trouver le bon compromis.»

Présentés en primeur européenne et mondiale à Nuremberg, les deux produits ont déjà séduit. Il ne faut plus que convaincre les amateurs belges. «Nul n’est vraiment prophète en son pays, sourit Bernard Zacharias. Nous avons deux produits dont nous sommes très fiers. on y a mis beaucoup de cœur et d’enthousiasme. On a bien entendu d’autres projets. » Bernard Zacharias n’en dira pas plus. C’est encore secret.