POLITIQUE

« Le modèle de la NV-A est irréaliste »

« Le modèle de la NV-A est irréaliste »

Une Belgique confédérale : c'est l'enjeu des prochaines élections pour Bart De Wever, considère B Plus. Belga

Le groupe B Plus vient d’analyser la proposition confédérale de la N-VA. Conclusion: tout ça nous mèneau séparatisme.

La N-VA propose un modèle d’État confédéral. B Plus (*), qui milite pour le maintien d’un État fédéral, vient d’analyser les prises de position de la N-VA développées lors de son congrès de février. Sans surprise, B Plus ne conclut pas son rapport sur une déclaration d’amour à Bart De Wever.

1. «Un État flamand nationaliste et bleu foncé?»

Pas d’assemblée législative directe pour la confédération, des «États membres» Wallonie et Flandre totalement autonomes, des compétences spécifiques pour Bruxelles et la Communauté germanophone, etc. Selon B Plus, ce que la N-VA défend au travers de son modèle confédéraliste, c’est surtout un État flamand de droite sans les socialistes. « Concrètement, le parti veut un gouvernement sans le sp.a et Groen. Et, en supprimant le gouvernement fédéral, il veut s’affranchir du PS». B Plus estime que, pour Bart De Wever, «le confédéralisme n’est pas l’objectif en soi mais un moyen pour installer en Flandre un gouvernement de centre-droit ». Mais ce ne sera pas si simple, prévient B Plus. Il faut encore réunir une majorité politique en Flandre en faveur du confédéralisme. Et si ça marche, «le divorce belge se transformerait en pugilat puisque la Wallonie et Bruxelles ne souhaitent pas le confédéralisme ».

2. «Antidémocratique et irréaliste»

Dans le modèle de la N-VA, le Parlement belge serait constitué de 50 parlementaires issus du Parlement flamand et du Parlement wallon. «Le fait que ni le gouvernement belge ni le parlement belge, tels que proposés par la N-VA, ne soient directement élus par les citoyens engendre un déficit démocratique gigantesque. Ces instances ne sont pas élues et leurs compétences sont réduites à la portion congrue », puisque la Flandre et la Wallonie deviennent les réceptacles de toutes les compétences, souligne B Plus. Qui pointe aussi en vrac les zones d’ombre du plan de la N-VA, un droit de veto systématique des «États membres» qui serait instauré et les années de «chamailleries politiques » qui en découleraient, dans l’hypothèse d’une mise en œuvre de ce plan. Bref, on ne peut rien en attendre d’autre que de «profonds dégâts, des dommages économiques et financiers majeurs», le tout assorti de conflits permanents « et peut-être insolubles», notamment en ce qui concerne la cogestion de la troisième Région, Bruxelles, par deux autres États quant à eux autonomes. «Tout cela risque de mener au séparatisme », insiste B Plus.

3. Bruxelles: «de la science-fiction»

Bruxelles est une Région à part entière. Mais ce n’est pas comme ça que la N-VA l’envisage dans le futur. Le parti flamand souhaite ainsi que les Bruxellois choisissent entre les régimes flamand et wallon pour toute matière relevant de la sécurité sociale et liée aux personnes. « Un casse-tête, un cauchemar , une sous-nationalité », résume B Plus. «Et rien ne justifie une tutelle de la Flandre et de la Wallonie» sur Bruxelles.

4. Finances: beaucoup de questions

B Plus s’interroge aussi sur la faisabilité des propositions de la N-VA, cette fois sur le plan financier. Le groupe y voit notamment des risques liés aux marchés financiers, qui se montreraient plus stricts qu’envers l’actuel État fédéral. La N-VA ne dit pas grand-chose sur la réduction des dépenses publiques qui viendrait contrebalancer une réduction des prélèvements fiscaux. Enfin, le parti flamand abandonne la nouvelle Loi de Financement (financement des dépenses en matière d’enseignement par des dotations fédérales, réparties en fonction des besoins). «En touchant un poste majeur des dépenses publiques, la N-VA sape sérieusement la thèse selon laquelle est disposée à pratiquer la solidarité, ne fût-ce qu’à titre temporaire», note B Plus.

(*) B Plus est un mouvement pluraliste, pas un parti politique. Fondé en 1998, il se présente comme un groupe de pression antiséparatiste, « qui attache autant d’importance à l’unité du pays qu’à l’autonomie des entités fédérées ».