Le 13 juin 1982, les Diables Rouges créent la surprise en ouverture du Mondial espagnol. Auréolée de son titre de championne du monde quatre ans plus tôt, l’Argentine se fait surprendre au Camp Nou sur un but d’Erwin Vandenbergh à la 62e minute de jeu.

«Frankie Vercauteren m’a adressé un long ballon aérien derrière la défense. Quand j’ai vu le gardien argentin Ubaldo Fillol s’avancer alors que le ballon n’était pas encore à ma hauteur, j’ai d’abord songé à le lober de la tête. Puis, comme Fillol s’est arrêté, je me suis dit que je n’y parviendrais pas et j’ai donc amorti le ballon de la poitrine pour le glisser ensuite du pied à la gauche du gardien. Je ne sais plus ce qui s’est ensuite passé dans ma tête. Je suis tombé à genoux en levant les bras au ciel. Czernia est venu m’enlacer le premier, puis tout le monde s’est affalé sur moi.»

Les Diables rouges tiendront bon jusqu’au coup de sifflet final. «Dans le vestiaire, on avait du mal à y croire: dat kan niet! D’ailleurs, avant le match, on s’était dit qu’on essayerait avant tout de limiter le nombre de buts encaissés en espérant ensuite faire bonne figure dans les deux autres rencontres du premier tour pour assurer notre qualification. On se sentait quand même petits face à l’Argentine. Elle était peut-être dans un jour sans, mais il faut aussi retenir la force de notre organisation. Je pense que c’est tactiquement le meilleur match que les Diables rouges ont jamais joué. Guy Thijs nous avait posé cette question: comment allons-nous neutraliser Maradona? On avait décidé tous ensemble de ne pas mettre un homme en marquage sur lui.»

Extrait du livre « Diables d’hommes » (Editions Mardaga)