Pour le suspense, il faudra repasser

Barcelone ne survole pas son championnat, cela ne l’a pas empêché de s’imposer à Manchester City. Reporters / Imago Sport

À mi-chemin des huitièmes de finale, on connaît quasi déjà les qualifiés pour les quarts.Une domination presque historique.

Les huitièmes de finale aller de Ligue des champions n’ont pas laissé beaucoup de place au suspense, avec six équipes (sur huit) victorieuses à l’extérieur (*). Les retours manqueront de saveur et donnent une idée de l’écart des valeurs, même à ce stade de la compétition.

Le total de buts marqués (26) est le meilleur des dix dernières éditions et peut illustrer ces différences, entre les vainqueurs de groupes de la phase éliminatoire et les deuxièmes, qui recevaient à l’aller.

Ces scores prolifiques peuvent aussi être considérés comme une volonté de plus en plus manifeste de pratiquer un football offensif et décomplexé. C’est bien pour le spectacle, moins pour l’intérêt sportif, pour le coup. Deux autres tendances se sont dégagées au lendemain de ces huitièmes de finale.

L’Espagne grand vainqueur, l’Angleterre au tapis

Difficile d’y voir une tendance lourde et d’évoquer un déclin de la Premier League, mais les résultats en C1 sont un réel camouflet pour le championnat le plus riche et le plus médiatique de la planète. Avec trois défaites et un nul, le bilan anglais se passe de commentaires et seul Chelsea est en mesure d’obtenir son billet pour le Top 8.

Certes, Arsenal est tombé sur le champion d’Europe, l’irrésistible Bayern Munich, et Manchester United, en fin de cycle et seulement 6e du championnat, n’a pas encore digéré le départ à la retraite d’Alex Ferguson. Mais après avoir été absente des quarts de finale la saison dernière, l’Angleterre risque d’être une nouvelle fois bien démunie.

Pendant ce temps, la Liga, qui avait déjà envoyé deux représentants en demi-finales la saison passée, rayonne. Barcelone a beau ne pas survoler sa compétition domestique, il possède encore une solide marge sur la scène européenne.

Avec un trio Benzema-Bale-Ronaldo en feu et l’arrivée de Carlo Ancelotti au poste d’entraîneur, le Real Madrid peut enfin raisonnablement rêver d’un 10e sacre européen.

Si on ajoute l’Atletico Madrid, qui tient la dragée haute en Espagne au duo Real-Barça, les équipes ibériques ont jusque-là effectué un sans-faute.

La prime aux plus riches

C’est tout sauf une surprise mais les huitièmes de finale aller ont une nouvelle fois démontré que la Ligue des champions était bel et bien la chasse gardée des plus riches.

Parmi les 5 clubs les plus fortunés, selon le rapport annuel publié en janvier par le cabinet Deloitte, seul Manchester United est en mauvaise posture. Les 4 autres (Real Madrid, Barcelone, Bayern Munich, PSG) ont été sans pitié pour leurs adversaires (14 buts inscrits, 1 encaissé).

À moins d’un caprice du tirage au sort, le futur vainqueur de la C1 a de fortes chances de figurer dans ce club des quatre grands riches.

(*) Bayer Leverkusen – PSG 0-4 ; Manchester City – Barça 0-2 ;Arsenal – Bayern Munich 0-2 ; AC Milan – Atletico Madrid 0-1 ;Zenit – Borussia Dortmund 2-4 ;Schalke 04 – Real Madrid 1-6 ; Galatasaray – Chelsea 1-1 ; Olympiacos – Manchester United. 2-0.