ECONOMIE

Les centres-villes wallons à ranimer d’urgence

Les centres-villes wallons à ranimer d’urgence

EdA

En un an, les centres-villes en Wallonie ont fortement dépéri. Pour certains, on est proche de la mort économique avec peu de possibilités de se relever.

«On n’a jamais vu une dégradation aussi rapide. C’est une première pour nous. » Les centres-villes sont de moins en moins attractifs. Chaque année, l’Association du management de centre-ville dresse le bilan du dynamisme commercial au cœur des villes wallonnes. Jean-Luc Calonger, président de l’AMCV s’inquiète de l’accélération du processus. L’explication de cette désertification du centre-ville trouve logiquement son explication dans le développement des pôles commerciaux périphériques. Mais, sur les douze derniers mois, l’érosion a pris une dimension alarmante. «Avant, il fallait 4 à 5 ans pour sentir l’impact d’un zoning commercial. Maintenant, les commerces du centre-ville sont plus fragiles: ils n’attendent plus en se disant que ça va aller mieux. » Les grandes chaînes règlent plus vite le sort des magasins moins performants. «Elles ne laissent plus la même enseigne des deux côtés. » Et de citer l’exemple deH& M qui a adapté sa stratégie au cœur des villes: «H& M a des conditions agressives pour faire descendre ses loyers dans les centres de 40 à 50%. » Et si le propriétaire ne cède pas, c’est le déménagement en périphérie.

Autre explication: la fragilité des nouveaux commerçants. «On pousse des jeunes à créer leur propre commerce et puis on les laisse se débrouiller tout seuls. Il y a de la bonne volonté de leur côté mais peu de capitaux. »

Cet exode urbain ne doit pas forcément trouver d’explication dans un manque de dynamisme du commerce local. À un moment, il est impossible de rivaliser avec les zonings commerciaux. Les responsables? Les autorités politiques. Qui sont communales dans le cas de l’attribution de permis pour des surfaces de moins de 4 000 m2 . Et régionales pour les superficies supérieures. «Quand on fait du développement à outrance en périphérie, ce n’est pas la faute des commerçants du centre. »