C’est carnaval

EDA

Lorsque j’étais étudiant en journalisme (oui, c’est loin, déjà), nous avions ce que nous avions appelé caustiquement «cours de carnaval».

En gros, sans entrer dans les détails de ce cours, assommant au demeurant, il s’agissait d’éplucher de manière sociologique, voire psychologique, les comportements carnavalesques. Avec l’approche de ce mardi gras, des sorties des Gilles, du Rosen Montag ou des Blancs Moussis, liste non exhaustive, je me demande si les inversions actuelles (c’est la signification du carnaval) sont encore celles d’hier. Entendez par là: est-ce qu’on se déguise encore? Et si oui, est-ce encore en fée clochette ou en Zorro? Non, pour sûr, on aurait tendance à ne plus se vêtir des atours d’un Superman ou d’un Batman. Et donc, pour se déguiser aujourd’hui, il suffit d’imiter ceux qui se travestissent tous les jours. Les sources d’inspiration sont nombreuses. Regardez donc un match de football et observez quelques joueurs. D’abord, ils se prennent pour des stars. Ensuite, ils adoptent des coiffures de style iroquois, de toutes les couleurs. Avouez que si vous arriviez au boulot avec pareille parure, vous seriez la risée de tous vos collègues. Je ne parle pas, ici, des nombreux tatouages dont ils sont affublés. Mais, bon, il n’y a pas que les stars du ballon rond. Du côté des hommes politiques, malgré le fait qu’ils soient en tenue de ville, c’est plus subtil. Là, ce sont davantage les discours qui s’affublent de contre-vérités, de promesses non tenues ou de projets insensés. Au fond, le plus malin, c’est notre Premier: le dos dénudé, cela, c’est un déguisement!