ECONOMIE

Un collectif de garagistes pour faire baisser la facture

Un collectif de garagistes pour faire baisser la facture

Le client belge apprécie encore les services de proximité. Mais sait-il qu’il a entièrement le choix de son garage? EdA - Jacques Duchateau

Plus d’une centaine de petits garagistes viennent de se regrouper sous l’enseigne 1,2,3 AutoService. Pas indispensable pour survivre. Mais ça aide.

«La Belgique est encore très gauloise, les indépendants aiment rester indépendants», explique Frédérique Daublain, la secrétaire générale du Groupement des entreprises de réparation automobile (Reperauto), au sein de Federauto. Alors que chez nos voisins français «faire partie d’un réseau devient quasiment incontournable», dit-elle, une part importante de petits garagistes, chez nous, rechignent à s’intégrer sous ces grandes enseignes du marché.

Néanmoins, les lignes bougent. Ainsi, la marque 1,2,3 AutoService, la première à s’affilier en tant que telle chez Federauto, connaît ces dernières années une extension fulgurante, dépassant désormais l’autre grand réseau de réparateurs indépendants actif en Belgique, Bosch Car Service, lié lui au géant allemand de la technologie automobile.

« Chez 1,2,3 AutoService, nous avons actuellement 116 garages en Belgique, plus 9 au Luxembourg. Rien qu’en 2013, nous en avons signé 48», explique David Colantonio, le garage concept manager.

L’enseigne a été lancée en septembre 2011 «avec pour objectif de mettre les garagistes indépendants sous la loupe. Ils ont encore une mauvaise image alors qu’ils font du bon boulot, veulent se former», dit-il.

Marre des frais énormes

«Pour 40% d’entre eux, analyse-t-il, ce sont d’anciens agents de marques automobiles, qui en avaient marre des énormes frais demandés par les constructeurs. Ceux-ci jouent le jeu de privilégier de plus gros concessionnaires qui mettent bien en valeur leur marque. Mais le client belge apprécie toujours le service de proximité. C’est pour cela qu’on s’est investi dans ce créneau.»

Également active en France et aux Pays-Bas, 1,2,3 AutoService est issue du groupe belge Doyen Auto, importateur de pièces automobiles qui, via son réseau de distribution API, fournit les grossistes. Cette société dispose notamment d’un entrepôt ultramoderne à Seneffe (25 millions d’euros de stock, 100 000 références de pièces détachées). Ses garagistes sont donc aussi ses clients.

Adhérer à un réseau n’est pas pour autant le passage obligé pour les indépendants. «Ils peuvent très bien survivre sans», estime David Colantonio. «Mais ce qu’on essaie de faire, c’est leur faciliter la vie».

Via l’organisation de formations, quatre par an, «obligatoires sous peine d’être exclus du réseau». Via la mise à disposition des bases de données techniques «100% conforme à celles des constructeurs. Ce qui est important pour les véhicules encore sous garantie». Via un extranet qui comprend une plateforme d’achat et un forum d’échange, et, aussi, des campagnes communes de communication. «Il faut encore faire comprendre aux gens que le marché est ouvert et que le particulier a le choix de son garage», soupire David Colantonio.

« Le danger, c’est l’eCall »

«Les voitures ne sont pas plus difficiles à réparer qu’avant, c’est l’accès à l’information technique qui est parfois compliqué», explique Frédérique Daublain.

«Les réseaux officiels ont plus de facilités et il existe toutes de sorte de moyens pour mettre des bâtons dans les roues des autres. C’est un peu la guerre du pain, les concessionnaires doivent pouvoir rentabiliser leurs investissements plus lourds. Mais l’info doit rester accessible. Les garagistes multimarques doivent avoir les appareils de diagnostic, mais à partir du moment où les constructeurs jouent le jeu et où les indépendants ont les bons outils, ça va.» Pour le moment en tout cas! «Mais l’électronique évolue sans cesse. Le plus gros danger, actuellement, pour les garagistes indépendants, c’est l’eCall, le système d’appel d’urgence automatique qui va équiper toutes les voitures, et tout ce qui peut y être lié. Tout le système GPS de la voiture peut être programmé pour amener le client vers le réseau officiel. On se bat donc pour que les garagistes indépendants y soient aussi référencés. C’est important que le marché reste ouvert, aussi bien pour le secteur que pour le consommateur.»