TELEVISION

Raconter le viol pour avancer

Raconter le viol pour avancer

Il faut du courage pour témoigner, mais c’est une façon de pousser les autres victimes à porter plainte. fotolia

Elles ont toutes une histoire différente, mais la même volonté: témoigner pour que les mentalités évoluent.

Embarquée dans un traquenard par un ami de son petit copain, Stéphanie a été violée sous la menace d’une arme. C’était il y a quatre ans. Elle a porté plainte et son agresseur a été condamné. Aujourd’hui, s’il est libre après une peine légère, Stéphanie est quand même satisfaite que la Justice ait reconnu cette culpabilité.

Ce soir Reporters propose quatre témoignages forts, celui de quatre femmes victimes de viol. Elles ont toutes tenu à témoigner pour encourager les autres victimes à porter plainte, pour faire évoluer les mentalités, combattre le sentiment d’impunité que pourraient ressentir les agresseurs et enfin tourner la page et tenter de se reconstruire.

Et pourtant, il faut du courage pour témoigner insiste Nathalie De Norre qui a recueilli ces témoignages: «Il reste encore pas mal de tabous et de clichés, on entend encore dire que la victime a sans doute provoqué les choses. Et puis il faut se soumettre à un examen médical avec un médecin qui n’est pas forcément habitué au kit médical. Le procès est correctionnalisé (contrairement à la France ou c’est la cour d’assises qui est compétente), donc c’est une audience publique. Et ça aussi c’est difficile à vivre. »

Et puis, il manque de structures pour l’accueil des victimes de viol. Or, un logement temporaire est parfois nécessaire surtout quand l’agresseur fait partie de la famille.

Les choses évoluent, mais il y a encore du travail dit Anne, dans son témoignage: des femmes se font toujours siffler dans la rue, harceler au boulot ou dans le métro.

« On entend parfois dire que se promener dans la rue en minijupe, c’est un appel au viol. Et un homme bien habillé, chic dans la rue, on va lui sauter dessus? », interroge la journaliste.

RTL TVI, 19.45