Judiciaire -

« Pietro Allatta n’a rien à voir avec les matches truqués », affirme son avocat

« Pietro Allatta n’a rien à voir avec les matches truqués », affirme son avocat

Le ministère public reproche à Pietro Allatta la corruption active de joueurs et l’escroquerie. Belga

«Pietro Allatta n’a rien à voir avec les matches truqués», a affirmé jeudi matin l’avocat de l’agent de joueurs, devant le tribunal correctionnel de Bruxelles dans le cadre du procès autour de la fraude dans le monde du football belge entre 2004 et 2006.

Me Olivier Martins a estimé que les préventions financières reprochées à son client n’auraient pas dû être englobées dans le dossier des matches truqués et qu’il aurait dû être jugé beaucoup plus tôt que près de dix ans après les faits.

Pietro Allatta est notamment poursuivi pour corruption active, escroquerie, menaces, tentatives d’extorsion avec menaces ou violences, abus de confiance et de bien social, organisation d’insolvabilité et blanchiment. Le procureur fédéral avait requis 30 mois de prison et 500 euros d’amende à son encontre.

Il est essentiel pour mon client que le tribunal reconnaisse que M. Allatta a été sali dans cette affaire, que sa personne a été brisée. Quoique certains en disent, sa profession est bien celle d’agent de joueurs et rien ne peut lui être reproché par rapport à cela. Et j’ai le sentiment que le fait de s’appeler Allatta et d’avoir le passé qui est le sien fait qu’on l’a jugé différemment, a constaté Me Martins.

Corruption active de joueurs et escroquerie

L’essentiel des préventions reprochées à l’agent de joueurs concerne de présumées menaces et la société de management Mecanair, impliquée dans le paiement d’une commission de 350.000 euros dans le cadre du transfert de Silvio Proto de La Louvière à Anderlecht. Des faits totalement étrangers aux matches truqués, selon la défense.

Concernant ce volet de falsification de résultats, le ministère public reproche à M. Allatta la corruption active de joueurs et l’escroquerie au préjudice des bureaux de paris. «Personne dans le dossier ne dit qu’Allatta a participé de près ou de loin à de la corruption de joueurs. Et ni mon client ni ses proches n’ont joué de l’argent sur les matches prétendument truqués», répond Me Martins, qui plaide l’acquittement pour ces deux préventions.

L’avocat en arrive à la même conclusion concernant plusieurs tentatives d’extorsion et de menaces dont l’agent de joueurs se serait rendu coupable. M. Allatta s’était notamment rendu, en compagnie de deux hommes corpulents, au domicile d’un autre agent de joueurs afin de lui réclamer une créance de 25.000 euros qu’il devait à l’ancien avocat de La Louvière Laurent Denis. «Il ne l’a jamais menacé. Je comprends toutefois que l’agent vive cela de façon désagréable», reconnaît Me Martins qui évoque une «intervention maladroite» de son client.

Les parties civiles doivent à présent répliquer, avant de redonner la parole au ministère public.

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