Fukushima, le pire est-il à venir ?

La radioactivité s’échappant encore de la centrale détruite voici trois ans inquiète. EPA

La catastrophe de Fukushima est-elle une bombe à retardement? Les scientifiques ne sont pas tous d’accord.

Voici trois ans, un tremblement de terre suivi d’un immense raz-de-marée frappe tout le nord-est de l’île de Honshu au Japon. Une catastrophe bientôt suivie d’une autre, la destruction d’une partie des installations de la centrale nucléaire de Fukushima. Trois ans après le drame, une autre catastrophe se profile-t-elle à l’horizon, sanitaire celle-là? Un reportage proposé ce soir dans «Pièces à conviction», Fukushima, vers une contamination planétaire? se montre plutôt alarmant. Des premiers cas de cancers sont apparus, tous chez des enfants de 0 à 18 ans. Plus d’une trentaine de cas sont suspects, et des milliers d’enfants n’ont pas encore été testés. Le gouvernement tente de minimiser l’ampleur du drame, mais les familles s’angoissent, et des mères sont en colère.

Mais surtout, la contamination s’étendrait au-delà du Japon. Tous les jours, des centaines de tonnes d’eau hautement contaminées sont déversées dans le Pacifique. Sur les plages de Californie, les chercheurs, témoins de l’arrivée quotidienne de déchets du tsunami tentent par tous les moyens d’alerter les autorités. La santé des populations serait aussi en danger si les poissons du Pacifique continuent à être consommés sans aucun contrôle: un laboratoire d’analyses suisse vient de découvrir du césium 131 et 134 dans des barquettes de poisson dans un supermarché, ou dans du thé vert venant du japon!

Quelle est l’ampleur réelle de cette contamination, humaine et environnementale?

L’enquête sera suivie d’un débat animé par Patricia Loison.

Greenpeace tempère

Depuis plusieurs mois, les équipes de Greenpeace tentent, de leur côté, de déterminer le vrai du faux dans ces affirmations. Et clairement l’organisation écologique se montre rassurante, en dehors des côtes japonaises. Elle estime que « si des quantités sans précédent de césium radioactif ont fini dans l’océan Pacifique, contaminant de manière significative les sédiments le long du littoral japonais, il n’existe aucun mécanisme plausible qui aurait pu transporter cette contamination à des niveaux élevés à travers le Pacifique, jusqu’aux plages américaines ou australiennes. Oui, il y a bien des traces détectables de ces isotopes radioactifs dans les eaux américaines, mais à des niveaux très faibles, et leur contribution aux doses de radiation est bien moindre que celle des rayonnements naturels.»

L’Organisation mondiale de la santé a, de son côté, rendu voici un an déjà, un premier rapport sur les risques de développer un cancer, au japon et dans le monde suite à la catastrophe. Et clairement, les experts reconnaissent que ce risque est majoré pour les populations situées dans les zones les plus contaminées mais qu’à l’extérieur de ces dernières, même en certains endroits de la préfecture de Fukushima, aucune augmentation observable de l’incidence du cancer n’est attendue. Et certainement pas dans le reste du monde.

Le débat est lancé.

France 3, 23.15