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Procès Zheyun Ye: l’avocat de Laurent Denis plaide l’acquittement pour toutes les préventions

Procès Zheyun Ye: l’avocat de Laurent Denis plaide l’acquittement pour toutes les préventions

Dans le cadre du procès des matches truqués, la défense de l’ancien avocat de La Louvière Laurent Denis a plaidé ce lundi après-midi devant le tribunal correctionnel de Bruxelles l’acquittement pour toutes les préventions reprochées à son client. Belga

Le conseil de Laurent Denis, qui risque 18 mois de prison, a demandé au tribunal de prononcer une suspension du prononcé à l’encontre de son client, eu égard au dépassement du délai raisonnable.

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La défense de l’ancien avocat de La Louvière Laurent Denis a plaidé ce lundi après-midi devant le tribunal correctionnel de Bruxelles l’acquittement pour toutes les préventions reprochées à son client. Poursuivi dans le cadre du procès de la fraude dans le monde du football belge entre 2004 et 2006 pour extorsion, menaces, abus de confiance et de biens sociaux, faux et blanchiment, Laurent Denis risque 18 mois de prison et 1.000 euros d’amende selon les réquisitions du ministère public.

Me Laurent Kennes souhaite, par ce procès, que son client puisse se défaire de l’image peu valorisante qu’il véhicule depuis l’éclatement de l’affaire en 2006, lorsqu’il avait été traité d’«avocat du diable» et de «véreux» et que des images l’avaient montré dans les médias escorté jusqu’à un véhicule de police comme un criminel. «Ces images ont marqué les esprits», estime Me Kennes, qui s’en est pris à un magazine sportif qui, il y a quelques semaines et après le début du procès, avait sorti un dossier à charge de l’ancien avocat du club louviérois.

Il est notamment reproché à M. Denis d’avoir extorqué et menacé un agent de joueurs pour qu’il lui paie 25.000 euros de frais d’honoraires, dans le cadre du transfert de l’entraîneur Trond Sollied au club grec de l’Olympiacos. L’agent de joueurs Pietro Allatta s’était rendu au domicile de l’agent en question en compagnie de ses deux «hommes de main» pour réclamer la somme. L’avocat, qui reconnaît avoir informé M. Allatta de la dette qui lui était due, nie lui avoir demandé d’agir de la sorte.

Le soir des faits, M. Allatta s’est présenté au domicile de l’agent, devant lequel il a téléphoné à Laurent Denis avant de lui passer l’appareil. L’ancien avocat de La Louvière a alors expliqué qu’il tenait à avoir son argent et qu’«il connaissait des gens dans le milieu», ce qui, selon le ministère public, constitue l’extorsion et la menace. «Tout ceci est un quiproquo. Le milieu évoqué est celui du football», a affirmé Me Kennes, expliquant que si le non-paiement de cette dette se savait, cela pourrait avoir un impact sur le travail de l’agent de joueurs. Laurent Denis et cet agent se recontacteront d’ailleurs rapidement pour apaiser le malentendu.

Lors de son réquisitoire, le procureur fédéral avait reproché à M. Denis de ne pas avoir eu de doutes quant à la licence togolaise d’agent de joueurs de Pietro Allatta, qui est intervenu dans le cadre du transfert du gardien de but Silvio Proto de La Louvière à Anderlecht. «Il le (Allatta, ndlr) connaît alors depuis des années, notamment comme agent de M. Proto. Pourquoi devrait-il avoir des doutes sur son travail?», s’interroge la défense.

Toujours dans le cadre de ce transfert, une commission de 350.000 euros avait été reversée à M. Allatta par La Louvière via la société de management Mecanair. Si Laurent Denis a bien négocié le transfert avec Anderlecht au nom du club louviérois, il n’a en revanche pas négocié avec Allatta quant à cette commission, se contentant de rédiger un projet de convention entre la société de management et le club. Un document qu’il n’a pas signé, se défend-il.

Il est enfin reproché à Laurent Denis d’avoir reçu sur son compte tiers la somme de 500.000 euros (depuis une banque établie à Shanghaï) de la part de l’homme d’affaires chinois Zehyun Ye, qui se présentait comme investisseur, dans le cadre d’un projet de convention de rachat de La Louvière. L’avocat assure qu’il n’a joué qu’un rôle d’intermédiaire et que toutes les directives qu’il a reçues quant à la gestion de cette somme émanaient du club.

Le procureur fédéral lui avait reproché de ne pas avoir eu de soupçons sur l’origine délictueuse de ce montant et de ne pas avoir fait une dénonciation à la CTIF (Cellule de traitements des informations financières). «Les banques n’ont, elles non plus, pas fait de dénonciations à la CTIF», a fait remarquer Me Kennes. Ce n’est qu’après la diffusion de l’émission ‘Panorama’ sur la VRT dévoilant toute l’affaire que Laurent Denis prendra contact avec son bâtonnier pour lui raconter ce qu’il se passait. Ce dernier, alerté par ce que disaient les médias de cette affaire, s’interrogera alors sur la provenance des fonds et estimera qu’il fallait avertir la CTIF.

A défaut d’être suivi dans son raisonnement, Me Kennes a demandé au tribunal de prononcer une suspension du prononcé à l’encontre de son client, eu égard au dépassement du délai raisonnable.

Ce mardi matin, la défense de Pietro Allatta, assurée par Mes Caroline Poiré et Olivier Martins, plaidera. La première abordera l’aspect des matches truqués du dossier, tandis que le second, souffrant et dans l’incapacité de se déplacer mardi, se penchera jeudi matin sur le volet financier.

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