Mais où traîne l’adversaire ?

Le dossier photovoltaïque suscite encore la colèreet la frustration de ceux qui ont des installations. Fotolia

Ce samedi, l’ASBL Touche pas à mes certificats verts réunit ses membres au Wex. Mais sur le dossier du photovoltaïque,c’est toujours le flou.

«Je suis sur un ring de boxe. J’attends l’adversaire mais je ne sais même pas qui ce sera et comment il va se défendre. C’est la métaphore qu’a employée notre avocat, Maître Misson, pour décrire la situation actuelle », explique Christian Warin, le secrétaire de l’ASBL Touche pas à mes certificats verts. L’association représente quelque 12 120 installations photovoltaïques, ou plutôt leurs propriétaires qui ont cru bon devoir investir dans l’énergie durable. Elle tiendra son assemblée générale ce samedi au Wex de Marche-en-Famenne. Y sont attendues pas moins de 2 500 personnes.

À quelle sauce ?

Nombreux sont les citoyens qui ont adhéré et qui se demandent toujours à quelle sauce ils vont être mangés. L’ASBL a deux chevaux de bataille principaux. D’une part l’intention du gouvernement wallon de réduire de 15 ans à 10 ans la durée d’octroi des certificats verts pour ceux qui ont investi dans des installations avant le 1er décembre 2011. D’autre part l’intention des gestionnaires du réseau de distribution (GRD) d’imposer une tarification «prosumers » pour ceux qui produisent leur électricité avec des panneaux et utilisent le réseau. On parle pour cette dernière d’une entrée en vigueur en janvier 2015.

Rien que des mots

«Mais pour l’instant ce ne sont que des mots, des déclarations faites dans la presse ou dans les médias audiovisuels. Nos avocats vont venir présenter les projets,on est prêt à se défendre, mais on ne peut rien faire puisque rien n’est encore sorti au niveau de la législation. Le gouvernement wallon freine des quatre fers à l’approche des élections », explique encore M. Warin.

«C’est difficile à gérer, ajoute-t-il, parce que les gens peuvent croire qu’on ne fait rien alors que je vous assure qu’on a bossé comme des fous. »

Victimes du win-win

Une présentation de Maître Étienne sera aussi faite samedi à propos des actions entreprises pour défendre les consommateurs «victimes » des contrats «win-win » (un système de tiers investisseur) proposés par certains installateurs de panneaux. L’ASBL cite Solar and Co, Ecosolis et Home Vision, en faillite. «On ne peut pas les défendre en justice en tant qu’ASBL mais on a essayé d’aider ces clients en leur procurant les conseils d’un avocat. »

Car le dossier photovoltaïque, ou plutôt sa gestion désastreuse par les autorités politiques wallonnes, aura causé d’énormes dégâts collatéraux.J.-C.H.