L’idée de Paul Magnette : la location-acquisition

L’idée de Paul Magnette : la location-acquisition

«Dans le rêve belge, wallon, le jeune trouve un travail, fonde une famille, puis veut devenir propriétaire »… EdA - Jacques Duchateau

Après l’emploi, le logement. Paul Magnette et le PS ciblent leurs promesses auprès des jeunes qui travaillent sans pouvoir acheter un immeuble.

«Je ne sais pas si l’époque est au rêve. Mais je veux redonner des perspectives en matière de logement. Dans le rêve belge, wallon, le jeune trouve un travail, fonde une famille, puis veut devenir propriétaire. Et le logement est une protection dans la vie », expose Paul Magnette.

Après «le contrat de travail d’un an, pour tous les jeunes, 18 mois après la fin de leurs études», au moment où s’ouvre Batibouw, le président du PS présente le mécanisme de «location/acquisition ». Pour aider les jeunes à se loger. Car si 70% des Wallons possèdent leur logement, beaucoup de jeunes n’arrivent plus à acheter.

« Les prix de l’immobilier ont plus que doublé en quinze ans. Depuis la crise financière, les banques refusent de prêter plus de 100% de la valeur du bien, alors qu’il faut faire face aussi aux frais de notaire, voire à des travaux de réhabilitation. Seuls, les jeunes couples wallons à qui les parents peuvent donner 30 000 ou 50 000€, pour les aider à démarrer dans la vie, parviennent encore à acheter », constate Paul Magnette.

«La propriété ne peut pas devenir un produit de luxe : elle doit rester accessible au plus grand nombre», décrète le président du PS. Il entend renforcer la protection du contractant d’un prêt hypothécaire, en intégrant dans l’offre tous les coûts annexes. Et il sort son plan de création massive de logements destinés aux revenus modestes ou moyens, opéré par les pouvoirs publics: «la location/acquisition est une forme de leasing où une partie du loyer sert d’épargne ».

Le ménage acquiert un logement, construit par les pouvoirs publics, ou en partenariat public-privé sur des terrains publics cédés en emphytéose à des promoteurs. Il le loue en transformant une partie des loyers en capital à investir ultérieurement dans l’achat. Le mécanisme doit permettre de compenser l’absence de «cash » suffisant pour financer les coûts au-delà de 100% de la valeur du bien. Sans entraîner les loyers à la hausse, car l’acquisition ne porte sur l’immeuble, pas sur le terrain sur lequel il est construit.

Le pouvoir public doit garder le contrôle, insiste Paul Magnette: «si le privé s’en empare, cela risque d’augmenter le prix au final, comme on le voit avec l’allongement des crédits hypothécaires. » Mais l’opération n’a pas d’impact budgétaire: «c’est même un investissement pour les communes qui attirent de nouveaux habitants et bénéficient de retours sur le précompte immobilier et l’impôt sur les personnes physiques ».

«Aujourd’hui le secteur est très prudent. L’autorité publique doit compenser en mettant du sol à disposition » conclut Paul Magnette. En notant qu’ «aux Pays-Bas, c’est une pratique courante. L’emphytéose appartient à la collectivité ». Quitte à faire, à nouveau, plus d’État? «J’assume. Mais l’État ne fait pas tout. Aujourd’hui, il ne lui est plus possible de financer. Il doit donc trouver et actionner d’autres leviers pour aider les gens ».