EURO 2016

Ce qui va changer pour l’Euro 2016

Plus de participants,plus de qualifiés,des éliminatoires étalées en «semaines football», un calendrier de suite établi. C’est l’effet Platini!

En pleine campagne pour la prochaine présidence de… la FIFA, Michel Platini, dont le pays a obtenu cet Euro 2016 au nez et à la barbe de l’Italie et la Turquie, veut mettre tout le monde dans sa poche. Et a sorti les grands moyens pour arriver à ses fins. Après l’Euro 2016… concernant presque la moitié des pays engagés dans les qualifications, plus aucun Euro de foot ne pourra encore être comme avant.

1. Vingt-quatre pays, du jamais vu!

Et huit de plus, huit! La décision était tombée en 2008: l’Euro 2016 se jouera à vingt-quatre équipes plutôt que seize. Énorme. Cela en est presque à se demander si les qualifications ne sont pas devenues des… préliminaires. Et si la phase de groupes de la phase finale ne se résumera pas à… des qualifications affinées. Un coup d’œil sur la liste des «chapeaux» du tirage au sort suffit pour s’en convaincre: toutes les grosses nations seront au rendez-vous (pour le Mondial, il n’y a eu que.. 13 Européens qualifiés).

À défaut d’écrémage, Michel Platini et l’UEFA espèrent obtenir le beurre et l’argent du beurre. En espérant qu’un produit gonflé soit synonyme de recettes gonflées, en tablant notamment sur des droits télé plus vastes. De surcroît, en augmentant les chances des plus «petits pays», comme il l’avait déjà fait avec ses différentes réformes des coupes d’Europe des clubs, le président de l’UEFA, s’assure de la sympathie et du soutien de pas mal de monde.

2. Des «semaines football» étalées du jeudi au mardi.

Là aussi, comme en Coupe d’Europe, chaque journée de qualification va être bien étalée au couteau sur toute la longueur de la tartine. On jouera ainsi depuis le jeudi soir jusqu’au mardi soir! Avec des rencontres à 18h et 20h45 le week-end et à 20h45 en semaine. Voici qui va encore raccourcir un peu plus la période de préparation à laquelle auront droit les sélectionneurs dont l’équipe jouera le jeudi.

3. Le calendrier établi directement par l’UEFA.

Finie, la foire d’empoigne d’après tirage. Quand les uns et les autres se disputent pour éviter de rencontrer trop vite l’ «équipe en forme» ou pour esquiver une confrontation à l’Est par -20° sur un terrain dur comme du béton. Pas de lutte d’influence, a posteriori, entre les puissants et les moins nantis. C’est l’UEFA, pour plus de facilités vu l’étalement des matches, qui établira le calendrier des éliminatoires. Un programme qui sera publié dimanche, dans la foulée du tirage au sort.

4. La France participe aux qualifications… pour du beurre.

C’est décapant. La France, qualifiée d’office en tant qu’organisatrice, va tout de même jouer les qualifications. Mais juste pour faire semblant et se maintenir en forme, plutôt que de disputer une flopée de matches amicaux sans intérêt.

Les Bleus seront versés dans le groupe I, le groupe qui ne comptera à la base que cinq protagonistes. Aucun point ne sera comptabilisé concernant les matches du pays organisateur. À noter que l’UEFA avait décidé que ni l’Espagne, ni l’Allemagne, ni les Pays-Bas, ni l’Italie, ni l’Angleterre ne seraient têtes de série dans ce groupe I. Parce que, expliquent les instances footballistiques européennes, «pour des raisons liées aux marchés TV, l’Angleterre, l’Allemagne, l’Italie, l’Espagne et les Pays-Bas sont tirés au sort dans des groupes de six équipes.» En d’autres termes, il ne fallait pas gaspiller un «vrai» match d’une tête de gondole au profit d’un match amical, fut-il contre la France.

5. Et ce n’est rien. 2020 sera encore plus fou!

L’Euro se jouant d’Amsterdam à Zagreb en passant par Erevan, Minsk, Porto, Bruxelles ou bien d’autres… C’est qui nous attend pour 2020 depuis que l’UEFA a décidé qu’un n’y aurait pas un pays hôte mais des villes hôtes à travers l’Europe. Certains prêtent même à l’UEFA, «jalouse» de la FIFA, d’envisager la participation de grandes nations… hors Europe.

Enfin, tant qu’on n’organise pas une Coupe du Monde au Qatar…