Quel programme !

Reporters

La semaine dernière, Rudy Demotte le clamait suffisamment fort pour qu’on l’entende de Bastogne à Tournai en passant par Namur: oui, il est candidat à sa propre succession au poste de ministre-président wallon.

Son «ami» Jean-Claude Marcourt, par contre, avance beaucoup plus masqué à trois mois des élections. Ça l’irrite d’ailleurs quand on aborde le sujet. D’autant que son rival le distance de trois longueurs dans les sondages quand on demande aux Wallons qui ils voient pour diriger le gouvernement régional. Pourtant, l’envie est là. Plus que jamais. Devenir ministre-président serait pour Marcourt, si pas une consécration, une suite logique après tant d’années à avoir piloté le Plan Marshall, véritable colonne vertébrale du redressement socio-économique wallon.

La preuve: son tout frais «pacte pour la Wallonie». Non, non, dit-il, ceci n’est pas un nouveau plan. Et encore moins un programme.

Mais personne n’est dupe. Le document qu’il a fait élaborer par le philosophe Édouard Delruelle n’est rien de moins qu’une bonne base de programme gouvernemental post-25 mai.

Et pas n’importe lequel. D’abord, le pacte est l’expression parfaite de la social-démocratie que Marcourt veut faire sienne: une vision d’avenir qui fait la part belle au développement économique (son dada), mâtinée d’État providence et d’encadrement social.

En clair, Marcourt veut séduire le monde entrepreneurial mais prend aussi attention à l’aile gauche de son parti, lui à qui certains socialistes reprochent souvent d’être trop proche des patrons.

Mieux: au-delà de sa vision globale d’avenir pour la Wallonie, il semble également donner, sans le dire, ses préférences en matière de coalition s’il devait présider le gouvernement wallon. En appuyant son pacte sur un développement durable qu’il juge actuellement trop peu clair, et une alliance emploi – enseignement selon lui trop faible pour l’heure, il tacle dans le même mouvement ses partenaires Écolo et cdH, en charge de ces deux matières au gouvernement.

Faites le compte: s’il devient ministre-président, il ne reste plus grand monde avec qui gouverner.