Faut-il passer au modèle payant ?

Christophe Bec ne voudrait pas devenir une sorte d’employé des festivals.

Si Christophe Bec se laisse encore aller à accepter, ci et là, une petite séance de dédicace pour peu qu’un échange avec son lectorat soit aménagé, « et pour voir les copains, comme beaucoup d’entre nous », d’autres auteurs ne prennent même plus cette peine, écœurés par ces sempiternelles «foires à la friture », ainsi que les appelait, non sans ironie, feu Yvan Delporte. C’est par exemple le cas de Denis Bajram, le dessinateur de Universal War One.

Un exemple parmi d’autres qui, s’il se répète, pourrait conduire à la désaffection des festivals. Si solution il y a, elle passe peut-être par l’instauration d’un modèle… payant, tel qu’il existe déjà aux États-Unis: «Là-bas, c’est hyper réglementé, souligne encore Christophe Bec. Les dédicaces sont payantes, et il faut également régler une commission pour obtenir un dessin sur une feuille libre. » La tentation pourrait être forte si elle n’était pas accompagnée de conséquences moins agréables: «D’un côté, l’auteur aurait le sentiment d’avoir touché quelque chose sur la future revente de sa dédicace. Mais a contrario, nous deviendrions des employés des festivals où nous irions. Un auteur qui, comme ça arrive souvent, s’attarderait un peu trop longtemps après un repas, pourrait justement se faire houspiller par les organisateurs et le public. Le côté convivial des festivals en prendrait un coup, c’est clair. »Mi.D.