Si, pour les auteurs, les «receleurs » qui s’offrent un deuxième mois à coup de dédicaces revendues sont minoritaires, les chasseurs de dédicaces eux-mêmes ne sont pas tendres entre eux.

Nous en avons rencontré plusieurs qui, tous, estiment la situation critique. L’un d’entre eux a accepté de témoigner sous couvert d’anonymat. Nous l’appellerons M. De Mesmaeker (car après tout, lui aussi aimait les jolies signatures). Il est sans pitié: «Je n’ai plus l’âge de faire la queue pendant des heures pour avoir un dessin vite fait. Je ne suis donc pas, ou plus, chasseur. Je ne suis qu’un collectionneur de dessins originaux… achetés en bourse ou directement chez les dessinateurs. J’ai connu une époque révolue où c’était un plaisir de discuter avec les dessinateurs et de recevoir une belle dédicace. Maintenant, c’est devenu un commerce ou des centaines de personnes cherchent le petit crobar qui se retrouve, pas encore sec, le lendemain sur ebay. C’est bien simple: 95% des chasseurs de dédicaces ne pensent qu’à revendre les dessins ou en avoir le plus possible. Il y a aussi 4% de cinglés qui veulent tout avoir d’un dessinateur, et qui ont déjà dix fois le même dessin. Et 1% de collectionneurs qui veulent avoir un dessin de chaque dessinateur. »Mi.D.