JUSTICE

Matches truqués : les Lierrois invoquent une procédure irrégulière

Matches truqués : les Lierrois invoquent une procédure irrégulière

Laurent Fasotte et son avocat avancent une procédure entachée d’irrégularité.

L’avocat des anciens joueurs Laurent Delorge et Yves Van Der Straeten a estimé ce vendredi que le délai de prescription du volet lierrois de ce dossier de fraude dans le monde du football belge entre 2004 et 2006 était dépassé.

Me Renaud Molders a en outre affirmé au tribunal correctionnel de Bruxelles que ce volet n’aurait pas dû être joint à celui de La Louvière. L’avocat de Laurent Fassotte a quant à lui avancé une procédure entachée d’irrégularité pour demander de déclarer les poursuites contre son client irrecevables.

Les trois anciens joueurs lierrois sont poursuivis pour corruption passive, escroquerie, association de malfaiteurs et participation à une organisation criminelle. Vingt mois de prison et 2 500 euros d’amende ont été requis à l’encontre de M. Van Der Straeten, alors capitaine de l’équipe lierroise, tandis que le procureur fédéral a demandé à ce que MM. Delorge et Fassotte soient condamnés à 15 mois de prison et 2 000 euros d’amende.

Une différence de traitement que Me Molders a estimée «ridicule», avant de déclarer que les droits de la défense avaient été violés car ses clients avaient demandé la poursuite de la procédure en néerlandais et que seule une partie des pièces du dossier avait été traduite.

Des droits de la défense qui n’ont pas empêché la jonction des volets lierrois et louviérois du dossier, déplore l’avocat «alors qu’il n’y a pas de lien suffisamment étroit entre ceux-ci et que le parquet et le procureur fédéraux sont d’accord avec cette interprétation». Selon lui, la prescription dans le volet concernant le Lierse est établie depuis octobre 2013.

Me Molders a plaidé l’acquittement de son client et, à titre subsidiaire, la déclaration de culpabilité ou la suspension du prononcé. Un raisonnement suivi par Me Paul Thomas, l’avocat de Laurent Fassotte, qui a également avancé une procédure entachée d’irrégularité pour demander de déclarer les poursuites à l’encontre de son client irrecevables.

« Ce procès accouchera d’une souris »

«En effet», a-t-il expliqué, «M. Fassotte n’a jamais été convoqué valablement devant la chambre du conseil alors que son domicile est connu des autorités» (le joueur, absent devant le tribunal, vit à Chypre, NDLR). L’avocat a estimé que ce procès ne devait pas être «celui du football». Il a ajouté qu’il fallait prendre en compte «l’aspect humain» dans ce dossier, déplorant notamment que le procureur fédéral ait parlé, lors de son réquisitoire, de lâcheté dans le chef des absents à ce procès sans connaître la situation personnelle de son client.

Un argument sur lequel s’est appuyé Me Zvonimir Miskovic, l’avocat du Croate Hasan Kacic, avant de plaider l’acquittement de l’ancien joueur lierrois, qui vit aujourd’hui dans son pays natal grâce à ses parents et qui n’est pas en mesure de se déplacer devant le tribunal. Il est poursuivi pour les mêmes préventions que ses ex-coéquipiers et 15 mois de prison et 2 000 euros d’amende ont été requis contre lui.

Les différents avocats ont enfin assuré au tribunal que si leurs clients avaient agi de la sorte, qu’ils aient accepté de lever le pied ou non, c’était dans le but de sauver le club, en proie à d’importantes difficultés financières, et parce qu’ils n’avaient plus été payés depuis plusieurs semaines. «Pourquoi sinon prendre le risque d’un suicide professionnel?», s’est ainsi interrogé Me Molders, lançant que «quoiqu’il arrive, ce procès accouchera d’une souris, qui n’est même pas chinoise...».

Lundi, les défenses de l’ancien joueur Olivier Suray et de l’ancien avocat de La Louvière Laurent Denis auront notamment la parole.

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