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Vanden Borre : « On continuera à se battre pour le titre »

Vanden Borre : « On continuera à se battre pour le titre »

Belga

Depuis sa métamorphose, Anthony Vanden Borre a pris une place de cadre dans le noyau mauve. Il joue au grand frère dans une passe difficile… qui dure.

Anthony Vanden Borre, comment a été l’ambiance à Neerpede après le match de dimanche, chahuté par vos supporters ?

Tout le monde sait que c’est très difficile dans le club pour le moment. Contre Mons, ce n’était pas facile à vivre mais c’est comme ça. On est à Anderlecht, les supporters sont exigeants. Nous devons les comprendre aussi. Ils ont été patients, on sait qu’on doit montrer un autre visage sur le terrain.

Comment gérer ces huées quand on est sur la pelouse ?

Soit tu n’y penses pas et tu restes concentré sur ton jeu, soit tu y prêtes attention et tu passes à côté de ton match. Ça dépend un peu du caractère de chacun. Moi, j’ai essayé d’en faire abstraction mais ce n’est pas évident.

Certains supporters ont fait savoir par la suite que les joueurs n’étaient pas visés, vous en pensez quoi ?

Je l’ai entendu mais nous sommes une équipe, un staff. On travaille ensemble. Si tu touches le staff, ça revient à toucher les joueurs aussi. Donc on a pris les sifflets pour nous aussi.

Individuellement, vous avez su continuer à jouer…

Oui, peut-être. Parce que je connais le club par cœur. J’ai connu ce genre de chose quand j’avais 16-19 ans. J’y suis plus habitué que certains nouveaux comme Youri (NDLR : Tielemans), Dennis (Praet) ou Massimo (Bruno), etc. Ça fait partie de leur apprentissage. Ils doivent comprendre qu’Anderlecht est un club exigeant. Même dans une année de « transition », il faut des résultats et du beau football. Tout le monde doit l’accepter.

Vous n’étiez, vous, pas loin de jouer en fonction de la colère du public…

J’ai connu des moments très difficiles. À partir de là, ce ne sont pas des sifflets qui vont te faire peur. J’ai vécu trop de choses pour qu’ils m’atteignent. S’ils sifflent, c’est qu’il faut encore plus se bouger les c… Ils sifflent pour nous réveiller et parce qu’ils ne peuvent pas descendre sur le terrain. Dans ces moments-là, je sais que le public attend quelque chose de beau. Alors j’essaye de montrer du mieux.

Vous estimez avoir un rôle à jouer auprès des jeunes ?

Je le joue à fond. On est quatre ou cinq à être plus expérimentés : Guillaume (NDLR : Gillet), Silvio (Proto), Sacha (Kljestan), sans oublier Oli (Deschacht). Il ne parle pas beaucoup, juste quand il faut. Quand il faut dire quelque chose, il le fait clairement. C’est le gars le plus respecté dans le vestiaire. nous essayons de tirer l’équipe vers le haut. Pas évident.

Et les jeunes, justement, que disent-ils de la situation ?

Prenez Youri, il a 16 ans. Toujours été titulaire chez les jeunes. Il n’a connu que les bonnes choses. En équipe première, il tombe dans un groupe en difficultés. Je reste persuadé qu’il n’a pas été écarté à cause de l’une ou l’autre erreur. Simplement, le coach doit faire des choix, il a jugé qu’il n’était pas en forme. Youri doit l’accepter. Se taire et bosser pour montrer au coach qu’il a tort. Je suis certain qu’il s’en sortira. Il est fort mentalement et très bien encadré par le club.

Les multiples changements ne facilitent guère les automatismes…

Non, mais il faut aussi voir qu’on a eu pas mal de blessés depuis le début de la saison, les variations de forme chez les joueurs. Beaucoup de choses entrent en ligne de compte, comme les résultats aussi. Pas évident pour le staff de garder la même équipe pendant cinq ou six semaines.

Personne ne s’est imposé non plus comme titulaire incontournable dans le secteur offensif…

C’est aussi pour ça qu’on est derrière le coach. Tout le monde critique l’entraîneur mais nous, joueurs, on doit aussi se regarder une bonne fois dans le miroir et comprendre que, quels que soient les choix du coach, on doit se battre les uns pour les autres et donner le maximum. Ça reste à nous de le faire sur la pelouse. Les matches où on n’y était pas, ça n’avait rien à voir avec le coach.

La critique sur un excès de changements est-elle venue uniquement du monde extérieur ou les cadres de l’équipe ont aussi demandé plus de stabilité à John van den Brom ?

Que les noms changent sur la feuille de match ne nous pose aucun problème. Mais si l’entraîneur choisit un système tactique, 4-4-2 ou 4-3-3, qu’on reste dessus toute l’année. Je crois qu’on aurait dû choisir une option au début du championnat et s’y tenir. Car alors tout le monde sait ce qu’il doit faire et les noms peuvent changer. Ça aurait pu aider notre équipe à avoir un peu plus d’automatismes. Mais encore une fois, avec les blessures ou les joueurs qui reviennent de nulle part comme moi, Vargas ou Cyriac, ce n’était pas facile pour le coach. Mitro et Milivojevic viennent d’arriver aussi. Tout roulait pour Dennis ou Massimo l’an dernier. Cette saison, c’est plus difficile et ils n’avaient jamais connu ça. La direction a parlé d’une saison de transition mais c’est carrément une année de reconstruction. en vue de l’année prochaine peut-être. Tout en sachant qu’on est à Anderlecht et qu’on doit montrer du beau jeu en dépit des circonstances.

Y a-t-il encore moyen d’être champion pour Anderlecht ?

Pour moi, tant que c’est mathématiquement possible, je joue le titre et on est plusieurs joueurs à penser de la sorte. Le staff aussi. Ça fait partie de la fierté de porter ce maillot. On l’a déjà vu : tout peut se passer dans les play-off. À condition de bien travailler. Si on aligne deux ou trois victoires comme avant la trêve, on peut repartir de l’avant. Ce ne sera pas facile à Lokeren ou contre Genk mais je vise trois victoires sur les quatre derniers matches de la phase classique, voire mieux. Ça nous boosterait pour la suite mais je promets une chose aux supporters : on ne lâchera rien, on continue à se battre.¦

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