France

Aucun lien avec la tuerie de Chevaline

Aucun lien avec la tuerie de Chevaline

«La tuerie de Chevaline n’est pas résolue.» C’est en substance le message du procureur chargé de l’affaire. AFP

Alors que l’on croyait que l’arrestation d’un ancien policier était liée à la tuerie de Chevaline, le procureur fait marche arrière. Mais on cherche…

Aucun lien avéré n’a été établi entre l’ancien policier municipal placé mardi en garde à vue dans les Alpes françaises et le quadruple meurtre mystérieux de Chevaline de septembre 2012, a déclaré mercredi le procureur chargé de l’affaire.

Le 5 septembre 2012, Saad al-Hilli, 50 ans, ingénieur britannique d’origine irakienne travaillant dans le secteur de l’aéronautique et de la défense au Royaume-Uni, sa femme de 47 ans, et sa belle-mère âgée de 74 ans et de nationalité suédoise, avaient été tués de plusieurs balles dans leur voiture, sur une petite route forestière proche de Chevaline. Un cycliste français avait également été abattu de plusieurs balles.

La mise en examen de l’ex-policier dans ce dossier est donc pour l’instant «peu envisageable», selon ce magistrat, Éric Maillaud, même si les enquêteurs continuent à examiner tous les indices susceptibles de le mettre en cause.

L’individu arrêté, collectionneur d’armes, pourrait en revanche être poursuivi pour trafic d’armes, de même qu’un de ses amis qui a été arrêté mardi soir, a précisé le procureur au cours d’une conférence de presse.

Un pistolet Luger

L’arrestation de cet homme de 48 ans, qui s’était reconverti dans une société de sécurité en Suisse, est la première en France dans cette retentissante affaire de meurtre en septembre 2012 de deux Britanniques, d’une Suédoise et d’un Français.

Un pistolet Luger, parmi une quarantaine d’armes, grenades, explosifs et détonateurs, a été retrouvé chez ce père de trois enfants, de tempérament «peut-être un peu violent», mais il ne correspond ni au modèle ni au calibre de l’arme qui a servi au massacre. De même, les gendarmes ont mis la main sur une moto et deux casques, mais qui ne correspondent pas avec ceux du mystérieux motard.

Le portrait-robot d’un homme casqué et portant le bouc, avec lequel l’ancien policier présente «une forte ressemblance», diffusé en novembre 2013, a provoqué le signalement auprès des enquêteurs de l’ancien policier municipal par la mairie qui l’employait jusqu’en juin dernier avant de lui donner son congé. Les causes de cette révocation n’ont pas été précisées.

Le frère toujours suspect

Jusqu’à présent, une seule personne reste inquiétée dans cette affaire, au Royaume-Uni: Zaïd al-Hilli, le frère de Saad, interpellé le 24 juin 2013, soupçonné de «complot en vue de commettre un meurtre».

Cet homme de 54 ans a reconnu être en conflit avec son frère concernant l’héritage paternel, mais n’a eu de cesse de clamer son innocence. Il avait été remis en liberté conditionnelle dès le lendemain de son arrestation et son contrôle judiciaire a été levé à la mi-janvier.

«Cela ne signifie pas qu’il est innocent et l’enquête dont il fait l’objet continue», a souligné le procureur d’Annecy.

Zaïd al-Hilli s’est félicité de l’arrestation de l’ex-policier tout en réitérant ses critiques contre les enquêteurs, estimant sur la chaîne de télévision Sky News que la recherche d’une piste locale aurait dû être faite dès le départ.