Flandre

Le Voka fixe le cap : 165 000 emplois

Le Voka fixe le cap : 165 000 emplois

Priorité au socio-économique au cours des cinq prochaines années, professe Michel Delbaere. Tim Dirven

Le patronat flamand veut cinq années de stabilité politique. Pour donner la priorité au socio-économique. Et créer 165 000 emplois.

L’association patronale flamande a souvent été réputée proche de la N-VA: en 2009, son administrateur-délégué, Philippe Muyters, avait un peu à la surprise générale été recruté par Bart De Wever pour devenir ministre du Budget et des Finances dans le gouvernement flamand. Mais cette fois, le Voka s’écarte nettement des positions du parti nationaliste: la sixième réforme de l’État représente «une avancée communautaire importante». Les responsables politiques doivent profiter des «cinq années de stabilité» qui s’annoncent après les scrutins du 25 mai «pour concrétiser des objectifs socio-économiques». En se fixant un cap: 165 000 emplois à créer.

21 milliards

«Le patient Belgique est stabilisé, mais il n’est pas encore guéri», commente Michel Delbaere. Il reste des médications à lui administrer des médications. Et d’abord la limitation à 1% de la croissance de toutes les dépenses publiques: «leur total actuel se chiffre à 197 milliards, et pour 2019, on les estime à 231 milliards. En appliquant notre norme de croissance, on épargnerait 21 milliards», détaille le président du Voka.

La cure irait (cf. ci-dessous) jusqu’à une réduction drastique du nombre de communes en Flandre.

Cela n’interdit des investissements: l’organisation patronale flamande réclame 150 millions d’investissements annuels pour stimuler l’innovation, et 150 autres en travaux d’infrastructures, pour favoriser la mobilité et assurer des tarifs énergétiques «plus attractifs». Mais plus question, par exemple, de subsidier massivement l’éolien «offshore».

La réduction, à 22%, des cotisations patronales est une revendication plus classique: «elle dégagerait 8,9 milliards, permettant la création de 165 000 emplois», détaille Michel Delbaere. L’indexation des salaires et la barémisation des rémunérations sont aussi, sans surprise, dans le collimateur du Voka.

Mais le Voka ne travaille pas que pour les entreprises, insiste son président: il vise aussi les particuliers, pour lesquels il réclame la hausse à 1800 euros du montant non-imposable. Et son extension aux revenus mobiliers, afin de rendre l’investissement aussi attractif que l’épargne.

«Le revenu mensuel net moyen des familles augmenterait de 50 euros», estime Michel Delbaere, «43 000 personnes sortiraient de la pauvreté». La consommation en serait aussi relancée: tout profit pour les entreprises…