Nouvelles villes : la passe de 9

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Ce n’est plus une, mais neuf nouvelles villes que Benoît Lutgen veut voir pousser. Pas en phase avec ce que le cdHa signé à la Région.

Paradoxe: alors qu’un gros opérateur immobilier wallon stigmatise la chute du nombre de permis d’urbanisme octroyés, le président du cdH présente son projet de «villes nouvelles» et de création de dizaines de milliers de logements. Conclusion: entre le terrain et les plans, il y a une fameuse tranchée.

Ils sont d’accord sur plusieurs constats: un, le déficit de logements est là et ça va aller crescendo. Deux, conséquence du premier, le logement devient de moins en moins accessible.

Benoît Lutgen revient donc avec son idée de créer non pas une nouvelle ville, mais bien neuf. On s’en souvient, en juin 2013, l’homme avait présenté l’idée de construire une nouvelle ville.

Ce qui n’avait pas manqué de susciter le débat avec ses collègues écolos du gouvernement wallon. Mais aussi de susciter le scepticisme de spécialistes comme le directeur du Centre de recherches et d’études pour l’action territoriale de l’UCL (L’Avenir du 11 juin)

Où et comment ?

Benoît Lutgen ne désempare pas et ajoute quelques briques à son édifice. C’est comme ça qu’une dizaine de zones ont ainsi été identifiées par le CEPESS, le centre d’étude du parti humaniste. Pour répondre aux questions: comment et où construire?

Le point qui titille le plus: où? Les zones, on les retrouve sur le plan ci-dessus. Pourquoi là? Parce que la zone subit une importante pression immobilière, parce que la zone est rurale et sans pôle urbain proche, parce que la zone est frappée par une «reconversion industrielle», parce que la zone est un centre urbain qui doit retrouver de l’attractivité.

Une fois cela identifié, il fallait croiser avec des critères de «réussite»: des axes de transports comme une autoroute, une ligne ferroviaire, un axe fluvial. Ce dernier laisse plus sceptique. Soit. Autres critères: le terrain disponible, le potentiel démographique…

Un centre de recherchede pointe

And the winner is: La Louvière-la-Neuve. C’est la première zone qui a été analysée un peu plus en profondeur.

La réserve foncière est là: une centaine d’hectares qui pourraient accueillir 10 000 habitants, sur les 80 000 que compte la ville actuellement. «C’est pour des zonings mais c’est inoccupé. En créant du logement, des services, du commerce on y met ainsi un nouveau moteur économique.» Mais avec quel carburant? «On doit y attirer un centre de recherche de pointe. La Louvière est la 5e ville de Wallonie, on peut créer un partenariat avec les universités.»

Ce n’est pas encore gagné. Et on n’a pas parlé des permis d’urbanisme.