Entre guerre et entente cordiale

Jonathan Coe a passé plusieurs mois en Belgique pour écrire son dernier roman, «Expo 58». Il est le parrain de cette Foire du livre.

«L’Histoire avec sa grande hache», l’expression estde Georges Perec. Cent ans après 14-18, elle traversela Foire du livre qui ouvre ses portes aujourd’hui.

«En 1969, lorsque la Foire du livre est née, nous étions une foire internationale. Maintenant, nous sommes devenus le grand rendez-vous de tous les acteurs de la chaîne du livre.» 45 ans après la première Foire du livre de Bruxelles, en 1969, sa commissaire générale Ana Garcia jette un regard sur le passé. C’est aujourd’hui que le plus grand rendez-vous belge francophone des amateurs de livres ouvre ses portes à Tour & Taxis. Et pour sa 44e édition (elle n’a pas été organisée en 1996), la Foire innove encore.

Depuis quelques éditions, la Foire se thématise. Cette année, centenaire de la guerre 14-18 oblige, le thème central de la manifestation sera la guerre ou plutôt, pour reprendre les mots de Georges Perec, «L’Histoire avec sa grande hache»! «Non seulement il y a de nombreux livres qui sortent sur le centenaire du début de la guerre, continue Ana Garcia, mais la littérature se souvient aussi, cette année d’autres événements marquants du siècle. C’est aussi le vingtième anniversaire de la guerre au Rwanda. Et du côté des auteurs, nous aurons aussi des écrivains qui ont été inspirés par l’histoire du XXe siècle comme Patrick McGuiness qui évoque les derniers jours de Ceausescu ou encore le tout nouveau roman de Lola Lafon qui s’inspire de l’histoire de Nadia Comaneci.»

Des rencontres et des animations seront proposées autour du thème de la guerre. Une exposition d’affiches conçue par Amnesty international sera aussi installée au cœur de la foire.

Le débarquement anglais

Depuis quelques années, la foire fait aussi la part belle à la littérature étrangère. Après l’Espagne, l’année dernière, le pavillon international accueillera la Grande-Bretagne. Une vraie librairie anglaise, un café littéraire, une exposition et beaucoup d’auteurs anglais sont annoncés.

Parmi eux, on saluera d’abord la présence de Jonathan Coe, invité d’honneur et en quelque sorte «parrain» de cette Foire du livre. Un auteur particulièrement apprécié du public francophone. Grand pourfendeur de l’Angleterre thatcherienne avec son Testament à l’anglaise puis Bienvenue au club et sa suite Le cercle fermé, il endosse des habits bien bruxellois. Son dernier roman qui vient tout juste de paraître, Expo 58 a été écrit en Belgique.

Jonathan Coe sera présent les cinq jours de la foire – avec un petit détour par Liège à la Cité Miroir, ce dimanche – il sera au cœur de plusieurs rencontres et dédicacera son roman ce vendredi. Vous pourrez également le retrouver, avec son dernier roman, dans notre journal ce samedi.

Coe ne sera pas le seul Britannique à hanter la Foire du livre. De nombreux autres auteurs, connus ou moins, seront présents. Les amateurs ne manqueront pas R.J. Ellory, Patrick McGuiness ou encore Michael Frayn pour n’en citer que quelques-uns. Sans oublier Annalena MacFee, la journaliste de The Guardian qui vient de publier un premier roman qui est aussi un premier succès, Le doux parfum du scandale (Belfond). Elle sera à Bruxelles dès vendredi et pour le week-end. Certains affirment que son mari le grand écrivain britannique Ian McEwan pourrait l’accompagner et arpenter les allées de la foire…