Erasmus   sera axé sur l'emploi

Erasmus, c’est bien plus qu’un simple échange linguistique. C’est une expérience de vie. Reporters/Eureka Slide

Le nouveau programme d’échanges européens 2014-2020 est officiellement lancé. 110 000 Belges devraient bénéficier de cet Erasmus + axé sur l’emploi.

Après Erasmus voici venu Erasmus +. Le programme d’échanges européens en faveur de l’éducation, de la formation, de la jeunesse et (nouveauté) du sport a permis entre 2007 et 2013 à 73 000 Belges d’obtenir une bourse. L’objectif pour le programme 2014-2020, qui a été officiellement lancé hier au parlement de la Fédération Wallonie-Bruxelles, est d’attirer 110 000 bénéficiaires.

Pour cela, la Belgique pourra puiser 34 millions d’euros dans l’enveloppe de 14,7 milliards dégagée par l’Union européenne. Soit 40% de plus que pour le précédant plan. Plutôt remarquable dans le contexte d’une Europe qui se serre la ceinture par ailleurs.

C’est qu’avec Erasmus +, la Commission européenne dit vouloir établir un programme «de nature plus ambitieuse et stratégique».

Une stratégie ciblée sur la modernisation des systèmes d’enseignement, de formation et de jeunesse mais aussi, voire surtout, sur l’employabilité des jeunes.

Vivre l’expérience de l’auberge espagnole donnerait-elle un sésame garanti pour l’emploi? Sans doute non. Mais une récente étude sur les bénéficiaires du programme Erasmus a montré que ceux-ci ont 20% de chances en plus de décrocher un poste de management, souligne Chiara Gariazzo, directrice jeunesse et sport à la Commission européenne.

Dans une Europe où 5,7 millions de jeunes sont au chômage, où un tiers des entreprises disent ne pas trouver les compétences qu’elles recherchent et où d’ici 2020 35% des emplois réclameront des qualifications élevées, Erasmus + mettra donc logiquement l’accent sur un partenariat renforcé avec les entreprises.

Il y aura ainsi plus de possibilités pour les étudiants de l’enseignement scolaire, supérieur et professionnel d’étudier et de se former à l’étranger afin d’améliorer leurs compétences et leurs perspectives d’emploi.

Si deux millions d’étudiants européens de l’enseignement supérieur pourront étudier ou se former à l’étranger d’ici 2020, Erasmus + devrait donc aussi permettre à 650 000 apprentis et étudiants de l’enseignement professionnel de recevoir une bourse.

«C’est un message important par rapport aux reproches que l’on fait sur l’éloignement de l’Union européenne et sur les contraintes qu’elle impose, soulignait hier le ministre-président wallon Rudy Demotte. Est-ce vraiment l’Europe dans laquelle on vit? Non, car l’Union européenne c’est aussi des programmes comme Erasmus qui permettent de se réaliser collectivement et individuellement. » Dans les six années à venir, quatre millions de jeunes Européens devraient encore l’expérimenter dans toutes les langues.