La cour et les jurés ont assisté aux reconstitutions filmées et aux images d'autopsie

La cour et les jurés ont assisté aux reconstitutions filmées et aux images d'autopsie

Illustration Fotolia

La journée de mardi a été consacrée principalement au visionnage des reconstitutions des faits filmées avec chaque accusé séparément, au deuxième jour du procès de Jonas Cassart, Cemen Mizinov et Stéphane Van Espenhoudt.

Les trois hommes sont accusés comme auteurs, coauteurs ou complices du meurtre de Michaël de Poortere le 23 janvier 2012 dans l'appartement de Stéphane Van Espenhoudt, rue Piret Pauchet, à Namur.

Si Jonas Cassart et Cemen Mizinov s'accordent à dire que Stéphane Van Espenhoudt n'est pas impliqué dans la bagarre qui a coûté la vie à Michaël de Poortere, les deux hommes se renvoient la balle quant à celui qui a porté le plus de coups.

Selon Jonas Cassart, Cemen Mizinov a frappé Michaël de Poortere comme un "barbare", un "boucher", une "bête". "C'est lui qui a frappé à 95%. Moi j'ai tapé Michaël de Poortere parce que je l'avais mauvaise qu'il me vise avec une casserole mais je ne voulais pas le tuer", dit-il dans la reconstitution.

Stéphane Van Espenhoudt partage le même avis. Pour lui, Cemen Mizinov a la plus grande part de responsabilité dans cette bagarre. "Mizinov, il était furax, il avait les nerfs. Il lui a mis des patates et des patates", a-t-il déclaré. Cemen Mizinov semble minimiser sa responsabilité. Pour lui, Michaël de Poortere a eu le dessus à 50% dans cette bagarre. Des traces de sang appartenant à la victime ont été retrouvées sur les vêtements et les chaussures de Jonas Cassart et de Cemen Mizinov, pas sur ceux de Stéphane Van Espenhoudt, ont indiqué les experts.

Au terme de ces reconstitutions, Me Pascal Rodeyns, qui représente des membres de la famille de Michaël de Poortere constitués parties civiles, a demandé aux jurés de retenir la longueur de la bagarre, la déferlante de violences "lors de laquelle on vise des zones vitales" (la tête, la colonne vertébrale et le thorax), les crachats de Jonas Cassart et de Cemen Mizinov sur la victime qui est étendue et inconsciente, l'humiliation supportée par Michaël de Poortere et les suppliques de ce dernier face à ses agresseurs, ainsi que le sang partout dans l'appartement. "Vous retiendrez tout ça et vous ne serez pas dupes". L'un des accusés avait indiqué que c'était une tuerie. "Effectivement, c'est une tuerie", a commenté Me Rodeyns.

Selon le médecin légiste, la cause du décès est à attribuer au traumatisme crânien qui s'est avéré majeur. "Monsieur de Poortere est décédé d'une hypertension intracrânienne très importante", a-t-il expliqué en commentant les images de l'autopsie, moment pendant lequel Cemen Mizinov et Jonas Cassart ont baissé les yeux. La victime a aussi souffert d'une rhabdomyolyse, c'est-à-dire que les muscles ont été comprimés à la suite des hématomes provoqués par les coups.

Les auditions des témoins se poursuivront mercredi. Il y aura notamment celle du voisin de l'appartement d'en dessous qui a été le premier à avertir les secours le jour des faits.