Emploi

200 travailleurs de Saint-Gobain et AGC Roux au gouvernement mercredi

200 travailleurs de Saint-Gobain et AGC Roux au gouvernement mercredi

490 emplois sont menacés au total, sur les sites de Saint-Gobain (Auvelais) et AGC Roux. Belga

Quelque 200 travailleurs d’AGC Roux et de Saint-Gobain Auvelais, où 490 emplois sont menacés au total, se rendront en délégation mercredi à 9h30 devant l’Elysette, siège du gouvernement wallon, «en soutien» lors de la réunion des syndicats du verre avec le gouvernement.

Les syndicats se sont dits satisfaits mardi de la réunion de préparation d’une petite heure avec le ministre wallon de l’Economie, Jean-Claude Marcourt, à Jambes (Namur).

«Nous avons relayé les inquiétudes des travailleurs et mis en place un cadre de discussion pour la réunion de demain/mercredi. Là, nous pourrons explorer plusieurs pistes afin de sauver des emplois dans les deux entreprises», a indiqué Brahim Hilami, secrétaire fédéral de la centrale générale FGTB.

Selon Laurent François, trois pistes sont à explorer: «Contester les fermetures, chercher d’éventuels repreneurs, même si actuellement il n’y a pas de piste sérieuse, et déterminer quelles activités pourraient être maintenues. Vu les fermetures brutales, nous devons explorer toutes les pistes, dont le soutien de la région. Nous n’avons pas parlé d’un soutien financier.»

D’après les syndicats, le secteur du verre a encore un avenir en Wallonie. «Nous sommes dans le creux de la vague mais quand la reprise viendra, la Wallonie ne peut pas être à la traîne», a-t-il ajouté.

Le gouvernement wallon va désigner des experts afin d’explorer différentes pistes, a annoncé le ministre Marcourt.

Vers une filière de recyclage?

Le groupe verrier AGC (190 emplois menacés) serait prêt à discuter de l'organisation d'une filière de recyclage du verre plat, "une opportunité" pour la Région wallonne, a indiqué mardi le ministre wallon de l'Économie Jean-Claude Marcourt, en commission du parlement.

Cette piste avait déjà été développée par un consultant et constitue l'un des premiers projets AGC dans le pôle Greenwin, a souligné le ministre PS en réponse à une demi-douzaine de députés qui l'interrogeaient sur la crise du secteur verrier wallon.

"Selon la direction du pôle de Greenwin, AGC serait prêt à se remettre autour de la table et avancer", a confirmé M. Marcourt.

Outre AGC Roux, Saint-Gobain à Auvelais a également l'intention de fermer. Ses travailleurs ne lui ont pas laissé l'occasion d'en faire l'annonce lors du dernier conseil d'entreprise, mais la direction a entre-temps confirmé cette intention par écrit aux syndicats, ainsi que celle de lancer la procédure Renault, a indiqué Jean-Claude Marcourt. Un nouveau conseil d'entreprise est programmé vendredi, selon le député-bourgmestre de Sambreville Jean-Charles Luperto.

Mardi matin, à l'issue d'une rencontre avec Marcourt et des représentants du ministre-président Demotte, les syndicats des travailleurs des deux usines ont reçu l'assurance que la Région les soutiendra par une expertise technique pour vérifier les constats posés par les deux groupes et proposer des pistes de rechange.

Le ministre wallon de l'Économie juge prioritaire de se positionner sur le volet industriel avant d'envisager le cas échéant un volet social et une reconversion.


A Auvelais, la situation nécessitera sans doute de parler d'une reconversion partielle, a toutefois estimé M. Luperto (PS). Il voit dans le chômage économique auquel a largement recouru Saint-Gobain ces derniers mois un moyen pour la multinationale de financer un futur plan social sur des fonds publics.
La loi Renault, à ses yeux, s'apparente désormais à un "cache-sexe" qui ne permet plus d'assouplir les décisions d'une entreprise. Il en appelle dès lors à recourir à un médiateur dans cette procédure, pour contraindre le groupe à explorer toutes les pistes. Au gouvernement wallon, il demande que la région de Sambreville soit reconnue zone prioritaire pour les fonds européens Feder 2, en discussion.
Tout comme Gilles Mouyard (MR), M. Luperto a réclamé que le Fonds Saint-Roch, constitué lors de la restructuration de cette entreprise et désormais logé dans Namur Invest, soit entièrement attribué à la reconversion dans la Basse-Sambre, et que Saint-Gobain y souscrive. Il voit aussi des opportunités de reconversion d'emplois moins qualifiés dans le projet de prison de Sambreville.

Il a réclamé que le gouvernement wallon consente pour la Basse-Sambre les mêmes efforts qu'il a récemment fournis pour les bassins de Liège et Charleroi.
Stéphane Hazée (Ecolo), s'interrogeant sur la capacité d'action du gouvernement, a reconnu que l'exécutif "ne pouvait pas tout", face à la situation économique internationale du secteur verrier. Il a une nouvelle fois plaidé pour une lutte contre le dumping social et environnemental - particulièrement sensible à travers la concurrence du photovoltaïque chinois qui frappe AGC Roux -, en introduisant des droits de douane sociaux et environnementaux aux frontières de l'Europe.
Maxime Prévot (cdH) a pour sa part insisté sur l'opportunité offerte par le recyclage du verre, la rénovation et la démolition dans le secteur du bâtiment produisant plus de 1,2 million de tonnes de verre par an en Europe. Il estime lui aussi qu'on ne pourra faire l'économie d'un débat sur le dumping social et environnemental dans la politique industrielle de l'UE.

L'activité verrière en Wallonie occupait 8.300 emplois en 2011, venant de 16.900 en 1980. La surproduction mondiale, la concurrence et la crise économique l'ont durement frappée ces dernières années. Outre AGC Roux et Saint-Gobain à Auvelais, AGC à Moustier, Saint-Gobain Sékurit à Auvelais et Techniver à Mornimont ont déjà eu à en souffrir.