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Tuerie de Chevaline: un ancien policier arrêté en France après 18 mois d'enquête

Tuerie de Chevaline: un ancien policier arrêté en France après 18 mois d'enquête

Un suspect a été interpellé et placé en garde à vue dans le cadre de l’enquête sur la tuerie de Chevaline. Associated Press / Reporters

Un an et demi après les faits, un homme de 48 ans, un ancien policier, a été mis en garde à vue mardi dans les Alpes françaises dans l'enquête sur le quadruple meurtre de Chevaline : c'est la première arrestation en France dans cette retentissante affaire concernant un Britannique et sa famille.

Cet homme, vivant près du lieu du drame et sans "lien direct" avec les protagonistes, a été interpellé au moment où il sortait de chez lui, a raconté une source proche du dossier.

Il s'agit d'un ancien policier de la ville de Menthon-Saint-Bernard, toujours selon une source proche de l'enquête.

"L'intéressé, s'il s'agit bien de lui, a été révoqué en juin", a précisé pour sa part à l'AFP Antoine de Menthon, maire de Menthon-Saint-Bernard. "Il a été radié", a-t-il ajouté, ce qui implique une faute professionnelle du fonctionnaire.

"Cette interpellation, qui ne restera peut-être pas unique, est le fruit des témoignages recueillis notamment après la diffusion, le 4 novembre 2013, du portrait robot d'un motard vu à proximité de la scène de crime et recherché activement par les enquêteurs", a précisé le procureur de la République à Annecy, Eric Maillaud.

Selon le procureur, le suspect présente "une forte ressemblance" avec le portrait-robot d'un homme portant un casque de moto à ouverture latérale et un bouc. Le magistrat n'en a pas dit plus sur son identité pour "préserver la présomption d'innocence".

Une source proche du dossier décrit cet homme comme un "montagnard taiseux", "amateur d'armes", vivant comme un "marginal". Une perquisition a eu lieu mardi matin à son domicile, en présence de sa compagne.

Un tueur "aguerri", "très expérimenté"

Le 5 septembre 2012, Saad al-Hilli, 50 ans, ingénieur britannique d'origine irakienne travaillant dans le secteur de l'aéronautique et la défense au Royaume-Uni, sa femme de 47 ans, et sa belle-mère âgée de 74 ans et de nationalité suédoise, avaient été exécutés de plusieurs balles dans leur voiture, sur une petite route forestière proche de Chevaline.

Un cycliste français, Sylvain Mollier, considéré par les enquêteurs comme une victime collatérale, avait également été abattu de plusieurs balles. Zainab, sept ans, la fille aînée du couple al-Hilli, avait été grièvement blessée tandis que sa petite soeur, Zeena, dissimulée sous les jambes de sa mère, s'en était miraculeusement sortie indemne.

La fillette de quatre ans avait été retrouvée plus de huit heures après la tuerie, la scène de crime ayant été gelée jusqu'à l'arrivée dans la nuit des techniciens parisiens de la gendarmerie.

Le procureur d'Annecy avait alors établi le profil présumé du tueur, présenté comme un homme "aguerri", "très expérimenté", n'hésitant pas à changer trois fois de chargeur et à achever ses victimes d'une balle entre les deux yeux.

L'arme utilisée, ancienne, est un Luger P06 de calibre 7,65 Parabellum, ayant équipé l'armée suisse.

Une enquête judiciaire, d'abord ouverte pour assassinats, avait ensuite été requalifiée en "meurtres en bande organisée".

L'arrestation de mardi en France remet la piste d'un tueur local au premier plan alors que la justice a plutôt envisagé jusqu'ici celle d'un conflit familial.

Jusqu'à présent, une seule personne avait été inquiétée dans cette affaire, au Royaume-Uni : Zaïd al-Hilli, le frère de Saad, interpellé le 24 juin 2013, soupçonné de "complot en vue de commettre un meurtre".

Cet homme de 54 ans a reconnu être en conflit avec son frère concernant l'héritage paternel, mais n'a eu de cesse de clamer son innocence. Il avait été remis en liberté conditionnelle dès le lendemain de son arrestation et son contrôle judiciaire a été levé à la mi-janvier.

L'éventualité d'un tueur local isolé, agissant de son propre chef, est "une hypothèse de travail parmi d'autres mais ce n'est pas l'hypothèse numéro un", a souligné mardi une source proche du dossier.

Les enquêteurs travaillent plutôt à faire le lien entre un ou des hommes de main locaux et un éventuel commanditaire. D'autres gardes à vue à venir pourraient étayer un tel scénario.

La police du Surrey, qui enquête sur l'affaire côté britannique, a déclaré que le rebondissement dans le dossier était "le fruit d'investigations menées en France, sans lien avec celles menées au Royaume-Uni".