Renzi prend les rênes du gouvernement

Pratiquement inconnu il y a un an et demi, le maire de Florence est, à 39 ans, un «jeunot» de la politique italienne AFP

Matteo Renzi, chef du centre gauche, a été chargé lundi de former un gouvernement. Il va consulter dès aujourd’hui les partenaires possibles.

Plus prudent et l’air plus grave qu’à l’accoutumée, Matteo Renzi a accepté de «tenter de former un nouvel exécutif». À 39 ans, le «séducteur» devrait devenir le plus jeune Premier ministre de l’Union européenne.

Le chef du Parti démocrate a promis de consacrer toute son «énergie et son enthousiasme» à réformer l’Italie, après avoir été chargé de former un nouveau gouvernement par le président Giorgio Napolitano. Il entamera des consultations dès ce mardi avec les différents partis politiques pour vérifier qu’il a bien une majorité au parlement, avant de retourner au Quirinal (la présidence) pour présenter son gouvernement puis de soumettre son programme au parlement pour un vote de confiance.

Il devrait s’appuyer sur une coalition droite-gauche, une majorité similaire à celle de son prédécesseur Enrico Letta, qui a démissionné vendredi après seulement dix mois aux commandes du pays. C’est une motion de la direction du Parti démocrate (PD), formation que dirige Renzi, qui a décidé le départ de Letta, ex-numéro deux du parti.

Matteo Renzi devra vraisemblablement parvenir à un accord avec le Nouveau Centre Droit (NCD), le petit parti qui regroupe des dissidents de la droite berlusconienne et participe au gouvernement sortant.

Hier, Renzi a énuméré les réformes à entreprendre: d’ici à la fin février, les réformes institutionnelles (mode de scrutin électoral, abolition du Sénat…), en mars la question du travail alors que le taux de chômage atteint quasiment 13%, en avril la bureaucratie et la réforme de l’administration publique, en mai la fiscalité alors que le patronat réclame d’urgence un allégement des charges sociales. «Je mettrai toute l’énergie, l’enthousiasme et l’engagement dont je suis capable pour combattre le chômage et la résignation», a-t-il dit.

Déjà des difficultés

Renzi, qualifié d’«homme pressé», a déjà rencontré un certain nombre de difficultés dans la composition de son équipe gouvernementale. Il a dû renoncer au choix de l’économiste Lucrezia Reichlin pour le poste de ministre de l’Économie, jugé trop peu «politique». Or ce ministère est crucial pour la troisième économie de la zone euro qui peine à sortir de la récession avec un modeste +0,1% de croissance au dernier trimestre 2013. Il s’est vu aussi opposer un non de l’écrivain Alessandro Baricco pressenti pour la Culture et du patron de Luxottica (montures de lunettes) Andrea Guerra pour le Développement économique.

Le futur chef du gouvernement dispose actuellement de la confiance de 52% des Italiens, selon un sondage Ipsos publié lundi par le Corriere della Sera.

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