« L’URSS n’est pas notre modèle »

Le porte-parole du PTB réfute l’héritage de l’ex-URSS. Belga

Raoul Hedebouw, vous êtes porte-parole du PTB-Go. Votre cartel a-t-il deux discours ? Celui du parti fréquentable à gauche de la gauche et qui communique là-dessus, et celui de l’intérieur du parti que d’aucuns qualifient de staliniste…

Nous n’avons pas de double discours. Depuis 2008, le PTB a changé. Et ce que nous présentons comme image, c’est ce que nous sommes : un parti qui a une vision de la société basée sur un changement radical en opposition avec le capital, c’est vrai. Mais certainement pas staliniste. Notre but n’est évidemment pas de répéter ce qui s’est passé en URSS. Il faut arrêter de nous mettre dans un étouffoir idéologique et de jeter sur nous des anathèmes qui datent de la Guerre Froide. L’URSS n’est pas un modèle pour la société du futur que nous voulons construire.

Mais comment définiriez-vous le PTB alors ?

Je dirais que nous sommes la gauche de la gauche. Je n’aime pas tellement l’expression gauche radicale.

Et Marxiste, vous l’êtes ?

Nous sommes en tout cas marxistes d’inspiration, oui, opposés au paradigme libéral.

Après la chute du Mur de Berlin, on a entendu que le capitalisme était la seule voie qui restait. Aujourd’hui, je constate que beaucoup de gens ont envie de revenir au débat. Nous proposons et voulons un marxisme du 21e siècle. Cette doctrine a 150 ans. Et nous voulons l’appliquer en fonction des réalités actuelles.

Mais vous vous rendez compte que le vocable « marxiste » fait peur ? Dans la tête des gens, c’est assimilé au communisme, donc au stalinisme et à la dictature…

Je crois que cela a changé depuis 2008 et la crise économique. Ce n’est pas pour rien si, en Allemagne, par exemple Le Capital de Marx est redevenu un best-seller. Les gens ont envie de rediscuter. Aujourd’hui, on est dans un autre contexte idéologique. On est loin de cette chape de plomb post-soviétique. On sent clairement une volonté de rouvrir le débat. Il y a urgence qu’on le fasse d’ailleurs. Sinon, on entrera dans la spirale du rejet de l’autre, du repli sur soi et de la tentation d’aller vers des extrêmes. Pour le PTB, cet enjeu est fondamental.¦ M. Dum.