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Radios de la RTBF : dix ans d’un pari fou

Radios de la RTBF : dix ans d’un pari fou

En 2004, les radios de la RTBF prenaient un virage important en se réorientant. Dix ans plus tard, la direction de la radio est satisfaite.

«P…, déjà dix ans!» Telle a été la réaction de Rudy Léonet, le boss de Pure FM, lorsqu’on lui a signalé voici quelques semaines qu’il fallait songer à célébrer les dix ans de sa chaîne.

La réaction de Francis Goffin, patron des radios de la RTBF, et des autres directeurs des chaînes (Corinne Boulangier, Éric Gilson, Marc Ysaye et Bernard Jacques de Dixmude) n’a peut-être pas été aussi fleurie dans le verbe. Mais on en était sans doute pas très loin…

«J’ai un double sentiment à ce propos, note Francis Goffin. Dire Déjà dix ans, comme le temps passe vite et puis dire aussi Cela fait seulement dix ans.»

« Un pari fou »

Rétroactes. Nous sommes au printemps 2004. La RTBF se trouve en plein plan Magellan. Et Francis Goffin, débarqué un an plus tôt dans le navire de l’audiovisuel public après un long passage à la tête de Bel RTL, se voit confier la mission de restructurer l’offre de la radio publique. Cela passe par le sabordage de trois chaînes historiques (Fréquence Wallonie, Radio 21 et Bruxelles Capitale) et la création de trois nouvelles chaînes (VivaCité, Classic 21 et Pure FM) aux côtés de La Première et de Musiq’3, dont l’offre sera repositionnée. «C’était un pari fou», déclare aujourd’hui Francis Goffin, en regardant avec satisfaction dans le rétroviseur. La plus grande réussite est sans doute d’avoir pu proposer une offre plus diversifiée et plus complémentaire, avec un ton et des contenus différenciés, avec comme philosophie de s’adresser à tous les publics.»

De 25 à 33,7 %

Les chiffres parlent plus que les longs discours. Au début des années 90 – selon des études d’audience effectuées par la RMB – les radios de la RTBF se situaient à 45% de part de marché. Au début des années 2000, l’audience était retombée à 25%. «Mais depuis 2006, nos parts de marché ne cessent de grimper. Elles sont passées de 26,3% à 33,4%.» Et même 33,7% selon la dernière étude du CIM, ce qui permet aux radios de la RTBF d’être leader en parts de marché devant RTL Group (Bel RTL et Contact), qui affiche 30,3%. Et d’être également le service public qui a le plus progressé entre 2006 et 2010 en Europe.

Tout ça ne s’est pas fait sans heurts. Le personnel, par exemple, a été réduit de 25%. «Mais les studios ont été modernisés et notre progression est la 3e en Europe en ce qui concerne les radios publiques», ajoute, souriant, Jean-Paul Philippot. Reste à réussir les prochains défis: «Se stabiliser dans un marché concurrentiel et réussir le virage numérique», conclut Francis Goffin.