Pourquoi notre hiver est doux…

L’hiver est doux, très doux. La faute à une juxtaposition d’éléments à l’échelle du globe… Reporters / DPA

Coulée polaire loin de chez nous, dépressions, vents du sud-ouest et l’anticyclone des Açores faiblard… Voilà pourquoi notre hiver est doux et venteux.

Dix degrés ce lundi, 12 ce mardi, 10 mercredi et encore 10 degrés jeudi… Tout le monde s’accordera à le dire, l’hiver 2013-2014 est particulièrement doux, affichant des températures moyennes largement supérieures à la «normale».

Mais au-delà des chiffres et des statistiques diverses, comment expliquer des températures printanières persistantes? De même, d’où viennent ces épisodes venteux récurrents qui affectent nos régions, habituellement moins affectées par des vents aussi forts? «Il s’agit en réalité de la juxtaposition de plusieurs éléments, explique Michel Erpicum, professeur de climatologie de l’université de Liège. Le pôle Nord constitue une machine à produire du froid en permanence. C’est d’autant plus vrai qu’en plein hiver, le pôle Nord n’est pas touché par les rayons du soleil. Mais ce froid, il faut bien qu’il s’évacue quelque part. Et c’est ce qu’il fait via ce qu’on appelle une coulée polaire, sorte de vague de froid qui descend vers le sud…»

Et ce «quelque part», cette année, c’est l’Amérique du Nord qui, cet hiver, «encaisse » vague de froid sur vague de froid… «On ne peut pas prédire où naîtra une (ou les) coulée(s) polaire(s), poursuit le professeur Erpicum. Cette année, c’est pour l’Amérique du Nord, mais l’an dernier, l’Europe était plus affectée.»

Ensuite, en schématisant, lorsque la coulée polaire descend, sa façade côté est (à droite donc…) génère des dépressions. Lesquelles, dans le cas présent, naissent dans la région de Terre-Neuve avant de traverser l’Atlantique. «Mais voilà, plutôt que de remonter vers le nord, vers l’Islande, ces dépressions restent, cet hiver, presque sur la même latitude. La faute à un anticyclone des Açores sans doute un peu faiblard. Et ces dépressions arrivent de l’autre côté de l’océan, quasi à la même hauteur que celle à laquelle elles ont quitté le continent américain.»

Tempêtes sur l’Angleterre

Pas de chance pour eux, ce sont principalement les Anglais qui, malheureusement, sont «en face » et prennent les tempêtes de plein fouet depuis plusieurs semaines. Lesquelles tempêtes sont également à l’origine de sérieux coups de vents affectant de nombreux pays européens, dont le nôtre. Voilà pour les épisodes venteux.

Les températures douces, elles, proviennent de l’origine des vents, soit principalement du sud, de l’ouest et du sud-ouest. «Des vents maritimes, toujours plus doux et plus humides.» Nous sommes loin, cette année, d’un anticyclone basé sur la Scandinavie qui nous apporte des vents d’est (secs et froids) ou du nord (froids et humides). .

Et à présent, quelle sera la suite? «Pour les 2 prochaines semaines, il n’y aura guère d’évolution. Pour la suite, on ne peut pas le dire. Mais il peut encore faire froid, c’est une réalité qu’il ne faut pas perdre de vue, même si la période traditionnellement la plus froide de l’année est derrière nous. D’ailleurs, mieux vaut garder ses pneus hivers.» Après un hiver particulièrement doux, reste évidemment la question: quel été aurons-nous? Impossible de répondre, les prévisions météo n’allant guère plus loin que deux semaines…