Renaud Lavillenie change de peau

Renaud Lavillenie le sait: son statut a déjà changé. Le voilà entré dans le clan des mégastars. Reporters / Abaca

Depuis samedi, on ne parle que du record du monde du saut à la perche. Ce qu’a réalisé le Français fait aussi un bien fou à l’athlétisme.

Renaud Lavillenie est (mal) retombé les pieds sur terre. Depuis son passage dans la stratosphère de Dontesk et son record du monde du saut à la perche (6,16 m), le Français est rentré en France avec des béquilles, séquelles d’une chute lors de son essai manqué à… 6,21 m. Désormais, voilà que le seul homme à être allé plus haut que sa majesté Bubka a finalement déclaré forfait pour les Championnats du monde indoor de Sopot (du 7 au 9 mars).

Mais il est bien à des lustres de se tracasser suite à ce petit contretemps. Car Renaud Lavillenie a gagné bien davantage qu’un centimètre samedi soir. À l’image d’Usain Bolt, il domine à présent ses rivaux de la tête et des épaules. Quand on évoque le saut à la perche, un mot revient aujourd’hui sur toutes les lèvres: «airlavillenie», son pseudo sur twitter où il a gagné quatre mille suiveurs de samedi à dimanche – il en compte désormais 34 000.

Son saut à 6,16 m lui a aussi permis d’augmenter considérablement sa valeur marchande. «Renaud est maintenant largement le numéro 2 de l’athlétisme mondial derrière Usain Bolt , explique Wilfried Meert, l’organisateur du Mémorial Van Damme. Son avènement va faire un bien fou à ce sport qui est, jusqu’ici, trop dominé par le Jamaïcain. «

Financièrement, Renaud Lavillenie est aussi entré de plain-pied dans une autre catégorie. Il ne peut pas encore percevoir 200 000 dollars (l’équivalent de 146 000 euros) comme Usain Bolt le fait lors de chacune de ses sorties. Mais son prix de départ a sans doute augmenté de «15 à 25%», poursuit Meert. Or, il semble que, jusqu’ici, Renaud Lavillenie coûte 30 000 dollars (22 000 euros) pour un meeting à l’étranger et 50 000 (37 000) pour celui de Paris.

Dès aujourd’hui, celui qui habite Clermont-Ferrand ne passera plus inaperçu dans les rues de sa ville. «C’est la rançon de la gloire», rigole-t-il. Et, lui qui est déjà un bon client naturellement, va être encore plus sollicité par les médias. «Il devra gérer un nouveau statut et il le sait, dit son frère, perchiste comme lui. Mais il y parviendra parce qu’il a la tête bien posée sur les épaules.»

Il l’a en tout cas dans les étoiles pour l’instant. Et ne compte pas s’arrêter en si bon chemin. «Sur mon saut à 6,16 m, je sens que j’ai une marge de quelques centimètres, assure Lavillenie. Donc, il me paraît possible de franchir 6,20 m.»Même le Tsar Bubka en est convaincu. Bienvenue dans l’ère Lavillenie!