WALLONIE

Finalement, combien y a-t-il de cerfs?

Finalement, combien y a-t-il de cerfs?

Les chasseurs réalisent plus facilement les plans de tir des boisés (à 100%) que ceux des non-boisés (à 92%)..

Y a-t-il trop de cerfs ou plus assez? Avant de dire combien il faut en tirer, il faudrait peut-être savoir combien ils sont en Wallonie.

Cerfs, biches et faons: sont-ils 6 500 ou 15 000 dans les forêts wallonnes? Le grand écart entre les chiffres avancés indique clairement que personne n’en sait rien. Pourtant, depuis des lustres, les conseils cynégétiques (CC) se voient imposer des plans annuels de tir, avec sanctions à la clef. Actuellement, après la fermeture de la chasse au cerf et avant les mises bas de mai-juin, la population est donc à son niveau le plus bas. C’est à cette période que, traditionnellement, les comptages sont effectués, normalement en mars. Mais si le moment fait l’unanimité, les méthodes sont critiquées par les chasseurs. Les résultats des comptages de nuit sont extrapolés pour estimer la population totale: le hic, c’est que le facteur multiplicateur appliqué varie selon les régions et les personnes qui les appliquent.

IKA, la solution?

Le Saint-Hubert Club, exprime son président, veut d’abord ramener de la sérénité dans le débat sur les densités cibles: «Il faut les redéfinir ensemble, avec les propriétaires forestiers, publics et privés, les chasseurs et le DNF, par sous-régions. » Et tomber d’accord sur des comptages les plus proches possible de la réalité: «Mettons-nous d’accord avec le DNF sur un protocole de recensement des cervidés qui est contradictoire. Pour l’instant, trop de difficultés résultent de comptages non contradictoires refusés par les uns ou les autres. L’indice kilométrique d’abondance, l’IKA, permettrait de chiffrer la tendance, l’évolution, avec des comptages effectués par des équipes mixtes DNF et chasseurs, toujours sur les mêmes parcours, trois ou quatre fois par an. » Une autre méthode aux vertus plus objectives, plus fiables, serait de recourir aux caméras infrarouges des drones de la Défense, mais à quel prix?

Quotas et amendes sévères

Au décompte du 31 janvier 2014, les chiffres recensés par le DNF pour la saison des battues, du 1er octobre au 31 décembre plus janvier pour terminer les prélèvements, indiquent que 1 039 cerfs ont été abattus, pour au moins 1 042 imposés, et que les 3 632 non-boisés (biches et faons) prélevés constituent 92% des quotas minima imposés.

Dans le détail des conseils cynégétiques, des disparités apparaissent et certains restent loin de leur objectif: celui de Spa-Stavelot-Stoumont n’a tiré que 95 cerfs sur 102 et 289 non-boisés sur 363; celui du Bois Saint-Jean (La Roche-Houffalize) n’a tiré que 72 cerfs sur 82 et 212 non-boisés sur 260; et le secteur 4 de la Semois 217/253 mais il a réalisé son minimum de boisés.

Sur les 35 conseils cynégétiques wallons concernés par les tirs minima de cerfs, les deux tiers n’atteignent pas l’objectif des non-boisés et, en boisés, 7 des 17 conseils concernés sont dans le rouge cette année.

Une constatation s’impose d’emblée: les chasseurs arrivent plus facilement à tirer les cerfs boisés que les autres, pourtant bien moins nombreux. Et ce constat fait dire à leurs contradicteurs que quand il y a un trophée à la clef, ils sont motivés…

La conséquence de ces plans de tir non réalisés se chiffre en amendes administratives, parfois très lourdes. La sanction peut aller jusqu’à 5 000€, comme c’est le cas pour le CC de la Semois (dont la moitié avec sursis, appel est interjeté), qui a annulé son exposition de trophée, qui a un coût d’organisation, car l’amende plombe ses finances.