Violer le silence

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Les mots utilisés pour en parler sont souvent gonflés de machisme goguenard et d’a priori coupables. Ils transforment la victime en accusée. Comme si le viol était un tort partagé. Comme si le viol était excusable. En fait ces mots boiteux, inadaptés, sont là pour cacher un malaise face à une violence qui va plus souvent de pair avec le silence. Parce que ce type d’agression touche à l’intimité, à la sexualité. Alors on préfère se taire où en parler en toute désinvolture, véhiculant mythes ridicules et clichés éculés. Cela va du «Elle l’a bien cherché» jusqu’au «il n’y a pas de viol au sein d’un couple marié». Dans ces deux cas-là, le viol est ignoré, refusé. Comme si certains types de violence pouvaient être acceptables. À force de ne pas en parler, le viol devient une espèce de fait de société fantôme qui inspire des croyances profondes, entendues mille fois, du style «il n’y a que les jeunes et jolies filles qui se font violer». Hier, le gouvernement et plusieurs associations ont lancé une campagne pour lutter contre ce mutisme qui entoure le viol. «Il faut oser briser le silence» a insisté la ministre de la Justice Annemie Turtelboom. Les victimes doivent porter plainte. «C’est important pour les victimes, mais aussi pour les victimes potentielles». Effectivement, le cercle est vicieux. Parmi les mythes entourant le viol, il y a celui-ci: «le viol, ça n’arrive pas souvent». Selon les statistiques officielles, on en dénombre plus de 3 000 par an. Mais ce chiffre serait loin de la réalité, 90% des victimes n’oseraient pas porter plainte d’où la tentation de se dire que finalement ce n’est pas si grave, d’où la minimisation de ces violences, d’où l’impression des victimes d’être des marginales, des anormales, d’où la culpabilisation etc.

 En fait ces mots boiteux, inadaptés, sont là pour cacher un malaise face à une violence qui va plus souvent de pair avec le silence. Parce que ce type d’agression touche à l’intimité, à la sexualité. Alors on préfère se taire où en parler en toute désinvolture, véhiculant mythes ridicules et clichés éculés.  Cela va du «Elle l’a bien cherché» jusqu’au «il n’y a pas de viol au sein d’un couple marié». Dans ces deux cas-là, le viol est ignoré, refusé. Comme si certains types de violence pouvaient être acceptables. À force de ne pas en parler, le viol devient une espèce de fait de société fantôme qui inspire des croyances profondes, entendues mille fois, du style «il n’y a que les jeunes et jolies filles qui se font violer". Hier, le gouvernement et plusieurs associations ont lancé une campagne pour lutter contre ce mutisme qui entoure le viol. «Il faut oser briser le silence» a insisté la ministre de la Justice Annemie Turtelboom. Les victimes doivent porter plainte. «C’est important pour les victimes, mais aussi pour les victimes potentielles». Effectivement, le cercle est vicieux. Parmi les mythes entourant le viol, il y a celui-ci: «le viol, ça n’arrive pas souvent». Selon les statistiques officielles, on en dénombre plus de 3 000 par an. Mais ce chiffre serait loin de la réalité, 90% des victimes n’oseraient pas porter plainte d’où la tentation de se dire que finalement ce n’est pas si grave, d’où la minimisation de ces violences, d’où l’impression des victimes d’être des marginales, des anormales, d’où la culpabilisation etc.Le silence est le meilleur allié du violeur, il faut lui tordre le cou. On ne peut qu’applaudir cette campagne lancée hier, d’autant qu’elle est soutenue par une vidéo intelligente et bien charpentée qui parvient à rendre le mal-être des victimes tout en apportant des solutions, mettant en valeur tout le travail d’écoute que peut mener la police dans de telles affaires.