Belgocontrol, des résultats structurellement teintés de rouge depuis 2010

L'entreprise publique autonome Belgocontrol, en charge de la sécurité de la navigation aérienne en Belgique, a essuyé depuis 2010 des pertes se montant à plusieurs dizaines de millions d'euros. La faute à une rémunération insuffisante des prestations fournies aux quatre aéroports régionaux mais aussi à la non-indexation des redevances d'atterrissage à Brussels Airport, sur fond de lutte fratricide entre les aéroports belges.

Les chiffres donnent le tournis: après avoir accusé une perte nette de 19,1 millions d'euros en 2010, Belgcocontrol a également terminé les années 2011 et 2012 dans le rouge, à hauteur de respectivement -15 et -13 millions d'euros. Pour 2013, la perte sera comprise entre 16 et 17 millions d'euros mais les chiffres définitifs ne sont pas encore connus.

Une situation intenable -susceptible de confronter l'entreprise à un manque de liquidités temporaire au deuxième semestre 2014 et dès lors de compromettre la continuité du service public- qui a poussé le gouvernement fédéral à intervenir fin janvier et à prévoir une avance de 20 millions d'euros.

En vertu d'un accord de coopération de 1989 entre l'Etat fédéral et les Régions, Belgocontrol ne peut en effet facturer ses services aux Régions que très en-deça des coûts réels. A quoi s'ajoute la non-indexation, depuis 2003, des redevances d'atterrissage à Brussels Airport.

Outre ces problèmes structurels, Belgocontrol n'avait plus eu de nouveau contrat de gestion depuis 2010 et fonctionnait depuis lors sous le régime du précédent contrat de gestion, remontant à 2004.

Un problème en passe d'être résolu puisque le conseil des ministres a approuvé ce vendredi les grands principes qui régiront le nouveau contrat de gestion de l'organisme chargé du contrôle du trafic aérien.

Dans ses grandes lignes, le document prévoit notamment une réduction des coûts à concurrence de 2,5% par an pendant les 5 prochaines années. Du côté de Belgocontrol, qui a déjà fortement limité ces dépenses ces dernières années, on assure que ces réductions de coût n'entraîneront pas de licenciements secs même si certains départs naturels risquent de pas être remplacés.

Après cette première étape, la question de la rétribution des services fournis par Belgocontrol aux quatre aéroports régionaux (Charleroi, Liège, Anvers et Ostende) et à Brussels Airport, se posera inéluctablement et nécessitera de mettre autour de la table le fédéral et les régions flamand et wallonne.

Le Secrétaire d'Etat à la Mobilité, Melchior Wathelet, a d'ailleurs laissé entendre vendredi que la balle est désormais dans le camp des aéroports. "Un effort devra à présent être apporté par les aéroports régionaux et Bruxelles-National pour couvrir le déficit. J'avais dit qu'on balayerait d'abord devant notre porte, c'est fait", a-t-il commenté.

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