Tapis et lanternes dans cette grande salle qui a pris l’allure d’une grotte et dans la khaïma reconstituée (photo ci-dessous).

Dépaysement assuré dans ce restaurant qui est marocain aussi bien par son décor que par sa cuisine.

La khaïma, dont la grande toile se tend sur des poteaux de bois, est la tente traditionnelle des nomades du Sahara, et notamment des Berbères. Le restaurant d’Auderghem qui porte son nom l’a reconstituée entre quatre murs pour créer un cadre marocain et proposer une authentique cuisine nord-africaine. La même ambiance se prolonge dans une très grande salle qui a pris l’allure d’une grotte. Les lieux sont meublés et décorés de telle façon qu’une fois la porte franchie, on se sent aussitôt dans un autre monde. Le sol est couvert de tapis tout en couleurs et marqués de losanges, zigzag, scarabées et pyramides. Les tables basses sont des plateaux à thé en cuivre martelé de motifs géométriques. Partout, des lanternes, des miroirs et des poufs brodés. Dans une vitrine: une collection de babouches et de colliers. C’est donc peu dire que le repas qu’on prend ici est mis en scène.

Tous les grands classiques de la cuisine marocaine sont à la carte, dans un métissage de traditions culinaires arabe, berbère et juive. Les saveurs se mêlent, les goûts se fondent sans qu’aucun ne prenne le pas sur les autres.

La pastilla est l’emblématique spécialité d’une longue pratique du sucré-salé. Dans la pâte feuilletée, le poulet se marie aux fruits secs et aux épices jusqu’à ce qu’on ne sache plus trop si on est à l’entrée ou déjà au dessert. La harira est une soupe de pois chiche, la briouate de kefta une feuille de brick farcie de viande hachée.

Le couscous est le chef-d’œuvre de la semoule que l’Afrique du Nord a réussi à installer dans le menu occidental. L’autre mets totem est le tajine, un ragoût de viande, volaille, poissons, légumes et fruits. Ce n’est pas tant la recette qui compte ici que l’ustensile qui en autorise la préparation: le plat conique en terre cuite vernissée qui permet la petite science de la cuisson à l’étouffée.

Ces deux plats cultes se déclinent presque à l’infini. On ajoute deux olives et en voici un de plus. On remplace un pruneau par un abricot et en voilà un autre. La Khaïma propose dix couscous, dont un au méchoui, et six tajines, dont un de poisson à la très relevée sauce chermoula.

Au dessert: des petits gâteaux aromatisés aux amandes, à la pistache et au miel ou un carpaccio d’oranges à la cannelle et à la fleur d’oranger. Et on finit en sirotant ce thé à la menthe élevé au rang de rituel.

« La Khaïma », chaussée de Wavre, 1390, 1160 Auderghem. Tél. 02/675 00 04. Fermé le lundi.