L’Orient est à vos pieds

EdA - Jacques Duchateau

Le tapis d’Orient a-t-il le vent en poupe même s’il n’est pas volant? S’il ne fleurit plus dans tous les salons ou salles à manger, il conserve ses irréductibles aficionados. Didier Claeys et Daphné Mengal l’assurent: le commerce du vrai tapis d’Orient (lire ci-contre) est toujours florissant. Le couple préside aux destinées du Mengal Orient, le dernier magasin namurois de tapis d’Orient. « Oui, ça marche toujours bien mais le marché a changé. Dans les années 70 et 80, il y avait plus de concurrence et les tapis étaient plus populaires. » Maintenant, on retrouve moins de magasins et les vrais tapis d’Orient qui marchent sont du haut de gamme.

«Notre clientèle, ce ne sont pas des jeunots mais plutôt des gens d’une cinquantaine d’années avec un bon pouvoir d’achat. »

Qui aime marcher sur la laine de qualité. Quoique, de nombreux tapis se pendent aux murs. «C’est comme un tableau. » Et de pointer du doigt une pièce de 70 cm sur 130 affiché à 3 000€. «Ça, c’est de la pure soie. Et ça marche. Quand on rentre de toutes belles pièces, ne vous tracassez pas elle trouve tout de suite acquéreur. Ce sont celles qui partent le plus facilement.» Et ça peut monter. Tout cela en neuf. On ne parle pas ici des pièces qui affichent 100 ans et plus.

Mais les 1 600 pièces du stock de ce magasin ne sont pas toutes des pièces de collection. On y retrouve des tapis de tous les jours. Sur lesquels on marche vraiment. «Ceux-là aussi ont évolué. Les grandes fleurs et les tons rouge ou bleu soutenu, c’est fini. On est dans motifs beaucoup moins chargés, des tapis plus clairs, plus épurés. » Bref, n’espérez pas renflouer vos caisses en libérant votre grand-mère de son vieux tapis. Parce qu’en occasion, ça ne marche pas du tonnerre. Autre tendance à noter: les grands tapis sont de plus en plus rares. «Les 3 m sur 4 m, c’est de plus en plus rare. Le maximum actuellement, c’est 2,5 m sur 3,5 m, grand maximum. »

Mais attention, ce n’est pas pour cela qu’ils sont moins chers. «Les prix sont plutôt à la hausse. Une question d’offre et de demande? Les Chinois et les Russes sont friands de ces produits de qualité. Mais on note aussi qu’il est de plus en plus difficile de trouver des artisans qualifiés que ce soit en Iran ou ailleurs. Résultat, le coût de la main-d’œuvre va crescendo. » Or, quand une personne se penche seule sur un petit tapis haut de gamme, elle a de quoi s’occuper entre 8 et 12 mois.

Avoir un bout d’Orient à ses pieds a un prix.