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À quoi ressemble l’habitat wallon en 2014?

À quoi ressemble l’habitat wallon en 2014?

Reporters (Illustration)

À quoi ressemble l’habitat wallon en 2014? Quel est l’état du bâti? Les résultats clés de la dernière enquête viennent d’être publiés.

 

Nos toits sont-ils isolés? Nos murs sont-ils touchés par l’humidité? Avec quoi nous chauffons-nous? Quel est le confort sanitaire de nos logements? Et nos loyers? Et les remboursements de nos prêts hypothécaires?

«L’enquête sur la qualité de l’habitat en Wallonie» est la troisième du genre depuis la régionalisation de la compétence «logement».

On fait le point avec Sébastien Pradella, directeur du Centre d’Études en Habitat Durable. Le tout nouveau CEHD, créé sous l’égide du gouvernement wallon et inauguré en octobre 2013, est en effet l’opérateur de cette enquête réalisée auprès de 6 018 ménages et commandée par le Service Public de Wallonie.

Sébastien Pradella, à quel type d’enquête a-t-on affaire ici ?

Les enquêteurs se sont rendus au domicile des 6 018 ménages retenus dans l’échantillon, avec 250 questions ou indicateurs à mesurer sur place. Ce ne sont pas des ingénieurs architectes qui ont été envoyés. Mais ils étaient formés pour vérifier directement certains critères. Comme le double vitrage, par exemple. On a fait d’énormes progrès pour rendre plus fiables certaines observations par constat direct, avec des photos, etc.

On pourrait déjà mesurer une évolution depuis l’enquête de 2007 ?

La comparaison avec les enquêtes précédentes se fera dans un second temps.

On ne rebâtit pas tout un territoire en aussi peu de temps. Mais on ne peut pas disposer d’une vision claire sans coups de sonde réguliers. Par contre, on constate que certains éléments confirment une évolution.

Par exemple ?

Je peux citer la poussée assez extraordinaire de l’isolation du vitrage, qui était déjà constatée en 2007.

Mais tout n’est pas encore isolé. Il y a encore des efforts à faire pour les toitures, par exemple (30,7% des toits non isolés).

On note que 27 % des locataires ne sont pas informés de l’état d’isolation du toit de leur logement…

C’est souvent le cas dans un logement collectif, un immeuble à appartements. C’est plus lié à la morphologie du bâti. Et il y a toujours une méconnaissance du locataire par rapport aux travaux éventuellement réalisés. En plus, une toiture par définition, c’est difficile d’accès. Y compris pour les enquêteurs, d’ailleurs. Il était donc important de répertorier clairement le pourcentage des ménages qui ignorent la situation exacte de l’isolation.

Vous constatez globalement une amélioration du confort des logements ?

Oui, c’est une évolution qui s’inscrit naturellement dans l’histoire. Salle de bains, eau chaude, toilettes… Tous ces éléments de confort sont assez largement établis. On va plutôt vers une hausse des standards de confort. On peut parfois avoir plusieurs salles de bains, par exemple. De décennie en décennie, on ajoute un palier supplémentaire de confort.

Du neuf en ce qui concerne l’évolution de l’occupation des logements ?

On a créé un critère qui n’existait pas en 2007: l’indicateur de sur/sous-occupation du logement (comparaison du nombre de chambres effectif avec le nombre de chambres nécessaires selon la composition du ménage). On note une sous-occupation plus importante chez les propriétaires (37,6% ont une chambre en plus et 37,4% ont deux chambres en plus). C’est classique quand on vieillit et qu’on reste dans la maison avec des chambres vides. Il y a un potentiel pour favoriser la mobilité résidentielle, pour des logements mieux adaptés à la taille des ménages.

+ Enquête accessible sur www.cehd.be