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Porte-drapeau à l’église ? Sans les laïcs

Porte-drapeau à l’église ? Sans les laïcs

Le CAL estime que l'Eglise «récupère» trop souvent des manifestations officielles qui n'ont rien à y faire. EdA (Illustration)

Les Maisons de la laïcité en ont marre que l’Église récupère les commémorations officielles, notamment patriotiques.

Les maisons de la laïcité boycottent-elles les manifestations officielles dès qu’elles s’accompagnent d’un caractère œcuménique? Richard Fournaux, le bourgmestre MR de Dinant le pense et dit même le constater.

«Depuis 6 ou 7 ans, lors des commémorations officielles qui se déroulent à la collégiale de Dinant, nous avons pris l’habitude d’inviter les représentants des différents cultes et ceux de la Maison de la laïcité (*), explique le bourgmestre Dinantais. Mais cela fait deux ou trois fois que je constate qu’ils ne viennent plus.»

Un problème purement local? Richard Fournaux dit l’avoir envisagé jusqu’à la préparation des cérémonies du 100e anniversaire de la Guerre 14-18. Lors d’une réunion au sujet de l’organisation de la traditionnelle messe du 23 août (commémoration des massacres de Dinant durant la guerre) avec l’évêque de Namur, celui-ci lui aurait indiqué que le «boycott» laïque existe aussi dans le Luxembourg, notamment à Arlon.

Un mot d’ordre du CAL national ?

Richard Fournaux dit s’être renseigné auprès de confrères bourgmestres et être arrivé à la conclusion que le phénomène serait général au niveau des maisons de la laïcité en Wallonie. Il s’en est ému et a écrit un courrier à Pierre Galand, président du Centre d’Action Laïque (CAL). Car, écrit-il, «selon mes informations, la décision ne revêt pas d’une intention d’acteurs locaux, mais aurait bien été prise à un niveau supérieur, relevant de votre responsabilité».

Une assertion que l’on réfute au CAL (lire ci-dessous) où l’on évoque plutôt un consensus au niveau du conseil d’administration qui regroupe les CAL régionaux pour ne plus participer aux commémorations officielles dès le moment où elles sont marquées par un caractère religieux.

«J’ai pourtant toujours insisté pour que les moments religieux aient lieu en fin ou en début de cérémonie, dit Richard Fournaux. Et cela afin que les laïcs ne se sentent pas obligés d’y participer.»

* Nous n’avons pas pu joindre les responsables de la Maison de la Laïcité de Dinant hier.