MUSIQUE

Mozart, après l’opéra rock

Mozart, après l’opéra rock

Mikelangelo Loconte et Florent Mothe nous ont offert trois titres extraits du spectacle en acoustique. EdA - Jacques Duchateau

La comédie musicale «Mozart l’opéra rock», un succès phénoménal. La troupe revient avec un orchestre et un groupe rock pour un concert unique. Et on a voulu savoir ce que deviennent ses stars.

La comédie musicale Mozart l’opéra rock, c’est 1,5 million de spectateurs entre 2009 et 2011, dont 45 000 rien qu’à Forest national, 700 000 albums vendus…

La troupe reprend la route, qui passera par chez nous en avril avec les tubes du spectacle, mais dans une formule différente. Rencontre avec Mikelangelo Loconte, qui tient le rôle de Mozart et Florent Mothe qui est Salieri.

La formule sera assez différente ?

Florent Mothe : Là on vient chanter les chansons de Mozart l’opéra rock avec un groupe rock et un orchestre symphonique : 60 musiciens et une chorale. C’est la forme sous laquelle aurait pu être Mozart l’opéra rock dès le départ : un mélange entre le rock et l’opéra tel qu’on l’a dans notre imagination, arrangé avec de violons, ces cuivres, des cordes, c’est magnifique.

Vous avez dû réapprendre, vous réapproprier les chansons avec les musiciens ?

Mikelangelo Loconte : On a fait des répétitions avec l’orchestre à Kiev en Ukraine parce que c’est l’orchestre philharmonique de Kiev, et la chorale. C’était divertissant mais on était très concentrés.

Comment c’était de se replonger dans ces chansons avec lesquelles vous avez vécu pas mal de temps finalement ?

F.M. : L’assasymphonie, j’ai dû la chanter plus de 1 000 fois. Mais il y a vraiment un renouveau avec ce spectacle et les arrangements. J’ai presque redécouvert la chanson. Et pour un chanteur, c’est le rêve de chanter avec un orchestre symphonique et un groupe rock. Comme Deep Purple l’a fait il y a 30 ans, comme Metallica l’a fait il y a 10 ans… C’est comme reprendre un ancien costume qui nous irait encore très bien, et dans lequel on retrouve des automatismes.

C’est Boris Orlov qui a mis le spectacle sur pied et il y a déjà eu une tournée…

F.M. : En Russie et en Ukraine. Le public russe est très particulier, il est très attentif et puis tout à coup, il explose. Les gens arrivent devant la scène avec des fleurs, c’est assez rigolo. C’était un pied monumental parce que c’était dans un pays qu’on ne connaît pas, dans une langue qu’on ne connaît pas, donc tout est nouveau.

Vous devez être des chanteurs très différents depuis le début de la comédie musicale. Pour vous Florent c’était pratiquement une première ce casting. Mikelangelo, il y avait déjà une certaine expérience, mais c’est ce qui vous a révélé…

M.L. : Je savais de toute façon que Mozart l’opéra rock c’était le défi de ma vie. Être des performeurs tous les jours devant 4 000 personnes, avoir la voix avec ces tonalités-là qui sont assez hautes… On doit reconquérir un public avec un même projet, mais différent : on a le contact avec le public, on n’est pas en train de jouer une pièce, il y a plus de liberté.

Quand le spectacle s’est arrêté, vous avez eu des propositions pour d’autres comédies musicales ?

F.M. : Oui j’en ai eu quelques-unes. Mais j’avais envie de faire ma musique. J’ai fait mon propre album. Là, Mozart l’opéra rock, c’est différent, parce que c’est super, ça nous appartient. Mais voilà c’est Mozart. Je préfère travailler sur mes chansons.

M.L : Moi aussi, j’ai eu des propositions, mais c’était impossible pour moi. J’ai même eu une autre proposition très intéressante où je devais faire un autre personnage très, très dingue, mais non. Je n’ai pas accepté ce personnage-là parce que je voulais faire une comédie musicale. Je l’ai fait vraiment pour lui, pour Mozart, pour explorer le personnage, c’est différent.

Ça veut dire jamais ou pourquoi pas plus tard ?

M.L. : Peut-être par jeu, par défi. Mais en tout cas, je ne suis pas un mec qui prend des décisions par rapport à une somme d’argent. Il faut vraiment que le projet m’inspire, mais totalement. Normalement ça ne sera jamais.

Florent vous avez sorti un album il y a tout juste un an et vous Mikelangelo, vous êtes aussi en train de travailler sur un album ?

M.L. : Oui. J’ai rencontré pas mal de difficultés parce que j’ai présenté un projet d’album, je l’avoue, un peu barjot. Mais j’y crois, j’y crois beaucoup. Je crois que ma musique est théâtralement indissociable de mon personnage.

On peut en savoir un peu plus ?

M.L. : Je suis en train de m’inventer toute une petite musique où il y a des gros rythmes américains avec beaucoup de design et la voix aussi plutôt en design américain mais avec des guitares british, avec orchestre symphonique. En même temps, je veux que ça sonne intègre, pas comme plein d’influences en même temps. Je veux que ça sonne comme ma musique, créer un son à moi. Très humblement, je veux dire. Je veux une marque de reconnaissance. C’est très difficile de l’inventer.

Florent, quelques titres ont bien tourné. Vous êtes déjà parti sur autre chose ?

F.M. : Oui, je suis déjà sur le deuxième album. On vient de sortir le troisième titre sur internet, on a fait un clip pour ça. On avait écrit cette chanson avec Ycare. Et puis j’ai déjà commencé à travailler sur le deuxième album, sur plein de chansons.

Finalement c’est une parenthèse ce concert de Mozart…

F.M. : Une carrière c’est fait de chemins, de diagonales, de hauts, de bas… J’ai commencé en effet à travailler sur mon deuxième album, là je fais quelques concerts au mois de mars en France, on fait Mozart et puis je vais revenir à mes chansons à la rentrée.

M.L. : C’est pas des parenthèses, c’est des virgules.

F.M. : Oui, voilà, exactement.

+ Mozart l’opéra rock le concert, le 26 avril à Forest national : www.sherpa.be