Recyclage de taxe

Reporters

Cela carbure autour de la taxe au kilomètre. Il faudrait percevoir une redevance sur l’énergie politique déployée autour de ce dossier. Il y aurait de quoi financer une petite ceinture routière souterraine à Bruxelles.

Hier, les communiqués ont fusé de toutes parts. L’un d’entre eux, venu de chez Écolo, a notamment interpellé. Tempérant les ardeurs du vert secrétaire d’État bruxellois De Lille, le parti écologiste a lancé «qu’il s’opposerait à la mise en œuvre du dispositif tant qu’il n’offrira pas assez de garanties pour protéger la vie privée, le portefeuille et le quotidien des citoyens». Belle courbe rentrante dont le galbe rappelle celui d’une boucle de bretelle autoroutière. Mais n’allez pas croire que c’est un virage à 180°, non, non, on est toujours pour la taxe au kilomètre, mais pas tout de suite. Vous comprenez?

Au cdH aussi on a sorti un communiqué pour dire qu’on avait toujours été contre cette taxe relayant «l’opposition totale» du président Benoît Lutgen déjà exprimée vendredi. Cela dit, hier, nous soulignions sur notre site que Benoît Lutgen avait lui-même, lorsqu’il était ministre, signé un texte en plusieurs points où figurait notamment l’expérience pilote destinée à tester cette fameuse taxe. Curieux paradoxe, non? Au cdH, cette petite mise au point a fait bisquer.  Une simple concession aux Écolos, nous dit-on. Bref, on dit oui à une étude pour tester un dispositif dont on sait d’emblée qu’on sera contre.  N’est-ce pas curieux? Ce serait gratuit, d’accord. Validons le compromis politique. Mais là, on nous parle d’une expérience dont le coût dépasserait le million d’euros. Une somme pareille, ça valait la peine de mener le test avec un peu plus de sérénité, non? La proximité de l’échéance électorale a fait partir toute cette histoire en vrille.

On soulignera que le PS, qui lui aussi avait validé l’expérience, a réagi en ordre dispersé, plus prudent, il ne s’est pas formalisé dans une communication officielle trop rapide, forte et marquée. Quant au MR, il s’est amusé à souffler sur les braises en dénonçant la rage taxatoire, en s’érigeant en «bouclier des classes moyennes».

Au bout du compte, la taxe au kilomètre n'a finalement pas failli à ses ambitions écologiques et durables, elle s'est recyclée en munitions de campagne électorale.