JUDICIAIRE

Clémence pour l’agresseur de la STIB

Clémence pour l’agresseur de la STIB

La Justice bruxelloise a fait preuve de mesure. Les collègues de la victime sont amers. Belga

Quarante mois de prison avec sursis probatoire pour ce qui excède la détention préventive: la peine infligée par le tribunal correctionnel de Bruxelles à Alexandre V., peut paraître légère pour des faits qui ont abouti à la mort d’un homme. En avril 2012, l’accusé avait mortellement agressé Iliaz Tahiraj, 56 ans, un employé de la Stib qui était intervenu pour un accident entre un bus et une voiture. Frappé par le passager de l’auto, il était décédé des suites de ses blessures.

Des regrets pris en compte

Selon le tribunal, un seul coup avait été donné, autant fatal qu’injustifié. Le juge a pris en compte les aveux du prévenu, le fait qu’il n’avait pas de casier judiciaire et qu’il n’était pas quelqu’un de violent habituellement. Le tribunal note qu’Alexandre V. était sous l’influence d’alcool au moment des faits et qu’il consommait aussi de la drogue à l’époque, ce qui ne semble plus le cas aujourd’hui. Le juge a encore pris en considération le fait que l’intéressé travaille, qu’il n’a pas minimisé sa responsabilité et qu’il a émis des regrets.

Le ministère public avait requis une peine de 4 ans de prison et la défense avait plaidé la suspension du prononcé de la condamnation.

« C’est trop facile »

Les quelques collègues du superviseur de la STIB, présents au procès, ont fait part de leur déception face au jugement. «On est amer. On s’attendait à une peine exemplaire… et non!», déclarait Abdelhak Bouazza, délégué CSC.

«C’est trop facile! Quelqu’un boit un verre de trop, frappe une autre personne qui décède et il s’en sort bien. C’est pas ça qui va décourager des gens à s’en prendre aux autres. Le personnel de la STIB se pose beaucoup de questions après ce jugement. Et puis, il y a cette sécurité spécifique autour du procès à la suite des rumeurs de vengeance de la communauté albanaise (NDLR: de laquelle est issu Iliaz Tahiraj). On ressent ça comme une provocation. C’est une très mauvaise façon de faire .»