« Se saisir de sa féminité reste un acte radical »

En dépression suite à sa séparation et à une relation ratée, Elizabeth Gilbert se lance dans un tour du monde qui l’emmène successivement en Italie, en Inde et en Indonésie. De ce périple qui s’est clos sur sa rencontre avec celui qui deviendra son mari, elle a tiré en 2006 un récit, Mange, Prie, Aime, vendu à plus de dix millions d’exemplaires dans trente pays et adapté au cinéma avec Julia Roberts et Javier Bardem. «Mes lectrices y ont trouvé l’autorisation de s’interroger sur leur vie, analyse son auteure. À qui appartient ma vie et que vais-je en faire sont des questions qu’elles n’osent pas toujours se poser parce qu’elles pensent ne pas en avoir le droit. Malgré des années de féminisme et de progressisme, leur rôle traditionnel reste depuis des milliers d’années profondément enraciné dans les mentalités. Se saisir de sa liberté, de sa féminité est un acte très radical.»

Avant ce best-seller, Elizabeth Gilbert avait déjà écrit un recueil de nouvelles, Désirs de pèlerinage, le portrait d’un Américain vivant dans un tipi, Le Dernier Américain, et un roman insulaire, La Tentation du Homard, tous traduits depuis en français. Et en 2010, elle a publié Mes Alliances où, contrainte d’épouser l’homme qu’elle aime pour lui permettre d’entrer aux États-Unis, elle s’interroge sur l’institution du mariage. «J’avais besoin de parler de mes doutes sur le mariage par l’écriture car, pour moi, la meilleure façon de résoudre un problème, c’est de l’écrire. L’écriture est, pour moi, une manière de prendre le pouvoir, de ne pas être l’esclave de quelque chose qui fait peur.» M.P.