À l’aube de ses 40 ans, Muriel Sarkany n’a rien perdu de son esprit sportif. L’ancienne championne du monde d’escalade ne fait plus de compétitions, mais cela ne l’empêche pas de relever de nouveaux défis et… de les remporter!

Bruxelloise d’origine, Muriel Sarkany a découvert l’escalade par un concours de circonstance.

À quel âge vous êtes-vous lancée dans cette discipline ?

J’avais 16 ans. Avant cela, j’avais pratiqué le karaté et la gymnastique. Mes 16 ans ont été une année charnière : on commençait à retransmettre des compétitions d’escalade à la TV, mon prof de gym la pratiquait. Cela devenait à la mode. Bref, cela a été un concours de circonstances. Et j’étais captivée par le déplacement vers le haut, la tactique. Quand j’ai pris mon premier cours collectif à la salle New Rock à Auderghem, ça a été le choc ! J’ai alors grimpé tous les jours. J’ai même loupé une année scolaire à cause de ça !

Vous avez très vite fait de la compétition…

Huit mois après mes débuts, j’ai remporté ma première compétition à Montignies-sur-Sambre. Tout s’est très vite enchaîné : championnat de Belgique junior, Benelux junior, du monde junior. J’ai tout gagné. À la fin de mes secondaires, j’ai fait un an d’entraînement pour aller à la coupe du monde, que j’ai remportée.

Pourquoi avez-vous arrêté ?

J’ai arrêté il y a trois ans. Cela faisait 19 ans que je faisais de la compétition. J’avais de plus en plus de difficultés car le niveau a fortement augmenté, tandis que celui en salle ne suivait pas. Je devais aller en Autriche, en Suisse, à gauche, à droite, pour m’entraîner. Les équipes étrangères ont des entraîneurs et sont suivies. Je n’ai eu un préparateur physique que les deux dernières années. En 2010, j’étais épuisée mentalement. D’autant que j’avais appris la mort accidentelle de Chloé Graftiaux, dont j’avais fait la connaissance en coupe du monde. J’avais besoin de faire un break.

Vous n’avez cependant pas totalement décroché…

Je trouve de nouveaux challenges en grimpant des voies. Il n’y a plus la pression de la compétition. C’est juste pour le plaisir. Et c’est ce qui m’a permis de faire la transition.