Des civils évacués sous les tirs

Des violences ont perturbé la première opération humanitaire du genre en 20 mois à Homs. AFP

Ils étaient privés de tout depuis plus de 600 jours. Des centaines de civils ont été évacuésde la ville de Homs, sous les tirs.

Pour la première fois, des centaines de civils ont été secourus ou évacués de Homs, malgré les violences qui ont perturbé la première opération humanitaire du genre en 20 mois dans cette ville dévastée par la guerre. Une trêve, qui s’achevait dimanche soir, devait accompagner cette opération mais les tirs ont continué, les protagonistes s’en accusant les uns les autres.

Après une première vague de 83 civils évacués vendredi aux termes d’un accord conclu entre rebelles et régime par l’intermédiaire de l’ONU, 420 civils «tous des enfants, des femmes et des personnes âgées» ont été sortis dimanche des quartiers assiégés de la vieille ville.

De nombreux enfants, femmes et hommes âgés sont descendus de bus à leur sortie de ces quartiers, l’air visiblement épuisés, selon des images diffusées par chaîne Al-Mayadeen, basée à Beyrouth. Ils étaient aidés par des employés de l’ONU, portant des casques et des vestes bleus, et du Croissant rouge syrien, sous l’œil de militaires syriens.

Les images ont également montré des enfants au visage pâle, certains les yeux très cernés, et portés par leur mère ou leur père. Les civils vivaient dans des conditions effroyables depuis plus de 600 jours. «On manquait de tout, tous les enfants étaient malades, on n’avait même pas de quoi boire», a affirmé une femme montrant des signes d’extrême fatigue, entourée de ses trois enfants, l’air hébété. «Cela fait deux ans et quatre mois!», a lancé un autre homme au journaliste qui lui demandait depuis combien de temps il n’était pas sorti de ces quartiers, assiégés depuis juin 2012 et qui étaient soumis à des bombardements intenses.

La télévision d’État a indiqué que cette opération s’était déroulée «malgré les tirs de groupes terroristes armés», en référence aux rebelles qui contrôlent les quartiers investis par les troupes du régime depuis juin 2012. L’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH) et des militants anti-régime ont eux accusé les milices pro-régime des tirs. Samedi, l’opération avait été perturbée par des tirs de balles et d’obus sur un convoi du Croissant rouge syrien transportant des aides dans le Vieux Homs, faisant cinq morts et une vingtaine de blessés parmi les habitants.